Il faudra augmenter la fiscalité pour sauver le système de santé » - Mathias Mattalah, Jalma

dimanche 14 mars 2010
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Le cabinet de conseil Jalma, spécialisé en protection sociale et en assurance de personnes, a publié le 25 novembre 2009 un « Livre blanc sur l’avenir de l’assurance maladie » qui s’appuie notamment sur un sondage CSA-Jalma, réalisé en octobre 2009. Les résultats, inverses de ceux du récent sondage L2H-CISS, révèlent un fort attachement au système de santé solidaire mais un refus d’une hausse de la CSG. Analyse par le président de Jalma, Mathias Mattalah.
 
Votre sondage sur « les Français et l’assurance-maladie » aboutit à des résultats très différents de ceux du CISS, notamment sur leur acceptation ou non d’une hausse des impôts pour financer le système de santé. Comment expliquez-vous cet écart ?

Effectivement, notre sondage montre que seulement 18% des Français sont favorables à une augmentation des impôts « tels que la CSG » pour réduire le déficit de la Sécurité sociale alors que le CISS tombe sur des pourcentages bien plus élevés, 67% par le biais de son questionnaire sur internet et 52% dans le cadre d’un sondage comparable au nôtre mené par L2H, le 16 novembre 2009. Pour ce qui est des 67%, je ne ferai pas de commentaire car on ne peut comparer un sondage traditionnel et une enquête sur le web. A propos des 52%, je pense que la différence s’explique par la formulation de la question. Le CISS demande aux Français s’ils sont d’accord pour augmenter « les cotisations, les impôts ou les taxes » alors que nous sommes plus précis en parlant d’une augmentation de « la CSG ». Cela dit, pour en avoir le cœur net, nous avons décidé de faire un nouveau sondage prochainement, spécifiquement sur cette question d’une augmentation des prélèvements obligatoires. Et, nous allons proposer au CISS de faire de même de son côté. Sur de tels sujets, il faut le maximum de fiabilité et de clarté dans les données du débat.

Pensez-vous que l’augmentation des impôts soit à exclure ?

 Pour ma part, je suis convaincu qu’il faudra augmenter la fiscalité pour sauver le système. Il va nous falloir sortir de la contradiction mise en lumière par notre sondage, soit des Français très attachés à leur système de santé solidaire mais refusant de participer à son financement (95% considèrent comme « justifié » que l’assurance-maladie prenne en charge à 100% les affections de longue durée (ALD), mais seuls 18% sont prêts à une hausse de la CSG). 
Face à cette forte réticence à l’impôt, il faut faire de la pédagogie. C’est pourquoi, nous avons publié un « Livre blanc sur l’avenir de l’assurance-maladie » le 25 novembre. L’enjeu est aujourd’hui de convaincre les Français que le maintien du système solidaire ne pourra pas se faire par une simple réorganisation mais passera par de nouvelles contributions collectives. C’est difficile de faire entendre ce discours car, depuis dix ans, on a raconté aux gens qu’on pourrait réguler le système en traquant les fraudeurs et en limitant les ordonnances des médecins.

 Votre sondage montre que les complémentaires santé ont une bonne image. Quels sont les facteurs explicatifs selon vous ?

 Ils sont, en effet, 84% à se dire satisfaits des remboursements des complémentaires, 65% à considérer comme raisonnable le montant de leur cotisation d’assurance santé complémentaire et 47% à trouver « justifié » que cette cotisation ait quasiment doublé depuis 2000.
Ces réponses sont étonnantes puisque notre enquête montre que la part des frais de santé (reste à charge et cotisation à une complémentaire) dans le budget des ménages a augmenté de 50% entre 2001 et 2009. La complémentaire est donc devenu un poste non négligeable pour les Français mais cette dépense est majoritairement acceptée car elle est encore possible et correspond à une prise en charge plutôt correcte. Cela dit, je pense que compte tenu de l’augmentation régulière de ces cotisations liées au recul des remboursements de l’assurance-maladie, on va finir par atteindre une limite. La cotisation pourrait devenir insupportable pour un plus grand nombre de personnes dans les prochaines années.
Aujourd’hui, on constate déjà une fracture entre ceux qui disposent d’une complémentaire santé collective par leur employeur et les plus de 65 ans qui sont contraints de souscrire un contrat à titre individuel. En 2009, un assuré individuel consacre à la santé une part de son budget 100% supérieure à celle d’un assuré collectif.

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