Retraite : « le Fonds de réserve a perdu 14.5% de sa valeur »

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Lefigaro.fr : Comment est géré le Fonds de réserve pour les retraites ?
Raoul Briet : Le fonds est investi à hauteur de 60% en actions, 30% en obligations et 10% en actifs de diversification : immobilier, infrastructures, etc. Le directoire a cependant des marges de manœuvre pour accroître ou diminuer l’exposition au risque. Cette marge est de + ou 9% des 60% investis en actions. Aujourd’hui, compte tenu de la visibilité des marchés, nous avons décidé d’évoluer dans la fourchette basse : entre 51% et 60%. C’est un choix lié à la forte volatilité actuelle des marchés qui nécessite d’agir avec la plus grande prudence.
 
 
Précisément, depuis le début de l’année, le fonds a perdu 14.5% de sa valeur au 30 septembre dernier. Cela modifiera-t-il la stratégie du FRR ?

Ce n’est pas une perte sèche. Ce sont des moins-values latentes. Comme le dit l’adage « Tant qu’on a pas vendu, on a pas perdu ». Le Fonds est un investisseur à long terme, il ne sera pas décaissé avant 2020. Il faut donc garder son sang froid et accepter la volatilité. Le Fonds a par ailleurs gagné 11% en 2005, 12% en 2006 et 4.8% en 2007. Au cours des neuf premiers mois de l’année 2008, sa valeur a perdu 14.5%, passant de 34.5 milliards à 30 milliards, mais on ne sait pas ce qu’il en sera à la fin de l’année. La performance du Fonds reste au demeurant positive depuis le début de ses investissements en 2004 : +3.4% annuels. Quant à la stratégie de pilotage du Fonds, ses marges de manœuvre, elles sont revues tous les 3 ans. La nouvelle allocation stratégique sera adoptée au printemps 2009. D’ici là, on y verra plus clair sur les perspectives économiques et financières.
 
 
Le fonds pèse aujourd’hui 30 milliards d’euros, il devra servir au financement des retraites. Nous sommes loin de l’objectif annoncé à sa création…

En 2001, l’objectif annoncé était de 1 000 milliards de francs, environ 150 milliards d’euros, pour 2020. Une hypothèse économique basée sur des excédents réguliers du fonds de solidarité vieillesse notamment et sur un faible taux de chômage. Fin 2002, François Fillon expliquait que cela n’était guère réaliste. Chaque année, le Fonds est abondé à hauteur de 1.6 milliard d’euros, si on se base sur une performance annuelle moyenne proche de 6.5%, il devrait atteindre 100 milliards d’euros en 2020. Il servira alors à absorber une partie du financement des retraites entre 2020 et 2040, soit entre un quart et un tiers des besoins à venir.

 

Voir en ligne : Le figaro

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