La seule logique économique ne doit pas nous amener à limiter la prise en charge des patients

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Êtes-vous satisfaite de la place faite à l’hospitalisation à domicile par la loi Bachelot ?

Cette loi nous convient d’autant plus que le texte initial
était beaucoup plus limité sur l’HAD.
Je salue l’écoute des parlementaires et du Gouvernement qui
ont pleinement souscrit à nos propositions d’amendements
tendant à mieux installer l’HAD dans l’offre de soins.

Comment réagissez-vous à l’annonce, pour 2010, du gel des tarifs des établissements HAD ?

C’est une contradiction par rapport à la loi qui reconnaît notre
place et notre utilité. Notre apport est évident : le coût
moyen d’une journée en MCO est d’environ
700 €, il est de 200 € en HAD et la prise en
charge quotidienne de 10 000 patients dans les
206 établissements d’HAD représente moins de
600 Ms €pour l’assurance maladie, soit 0,8 %
des dépenses d’hospitalisation.
Alors que l’HAD a un impact économique positif
et correspond à un choix des patients, ce gel
est incompréhensible.

Comme l’ensemble du monde de l’hospitalisation,
nous sommes tenus d’augmenter les salaires
de nos professionnels, d’intégrer le prix croissant
des médicaments et de prendre en charge
des patients dont les pathologies, de plus en plus
lourdes, justifient des interventions plus longues
et plus complexes.

Je tire donc la sonnette d’alarme : je ne voudrais
pas que certains de nos établissements se
trouvent enfermés dans une logique purement
financière qui les conduise, pour leur survie, à
limiter, voire à refuser, certaines prises en charge.

Je réclame donc auprès du ministère de la Santé des études
médico-économiques pour prouver notamment que, sur les
prises en charge des cancers, des maladies neurodégénératives,
les polypathologies, nous constituons vraiment une hospitalisation
à un moindre coût.

Par exemple, la pédiatrie n’est pas développée en HAD car
elle impose des compétences de personnels et une logistique
dont le coût est incompatible avec nos tarifications ; ce qui est
contradictoire pour un public qui a plus vocation que d’autres
à être soigné à domicile.

Quelles sont les conséquences de cette campagne tarifaire sur vos activités ?

Par une première approche auprès de l’ensemble de nos
adhérents, j’observe ces trois dernières années une réduction
de nos résultats et une limitation croissante de nos capacités
d’investissements. L’étude nationale des coûts dans laquelle
nous sommes activement engagés illustrera nos difficultés.

Craignez-vous des restrictions sur la liste des molécules onéreuses ?

L’enveloppe de remboursement des médicaments onéreux
avait déjà diminué en 2009. Si cette liste se restreint encore,
notre problématique sera quasiment insoluble : des prises en
charge de patients atteints de maladies plus lourdes et à qui
sont prescrits des médicaments plus coûteux totalement assumés
par le biais de la T2A.

En HAD, le coût supporté pour les médicaments
est bien souvent plus élevé que pour un
établissement hospitalier avec hébergement :
pour s’adapter au terrain, la moitié de nos établissements
exercent dans un habitat rural ; nous
privilégions donc de travailler avec des officines
de ville et ne bénéficions pas systématiquement
d’une pharmacie à usage interne.

Cette perspective nous inquiète énormément et
les incertitudes sur le remboursement de l’EPO
renforcent notre inquiétude.

Quels sont les projets envisagés avec les aides du plan Hôpital 2012 et du grand emprunt ?

Après une étape de reconnaissance et de développement – l’HAD est maintenant présente
dans chaque département –, puis un important
effort de professionnalisation, nous voulons aller
plus avant dans l’innovation en matière de systèmes
d’information, en lien avec le grand emprunt et le plan
Hôpital 2012. Notre activité s’inscrit, par définition, dans une
démarche transversale, pluridisciplinaire sur un mode de
coopération et de complémentarité entre professions de santé,
tel que mis en exergue dans la loi HPST.

En tant que passerelle entre l’hôpital et l’ambulatoire, nous
nous devons d’avoir des échanges d’informations exhaustives
et traçables : cela implique des systèmes d’information
déployés au domicile des patients et la mise à disposition de
possibilités comme la télé-santé, la télé-consultation, le télédiagnostic.
En ce sens, notre approche s’avère un modèle intéressant
pour appuyer le développement des maisons de santé.
Nous attendons que ce défi et cette ambition soient accompagnés
par les autorités publiques.

Cet article est repris du site http://www.espace-social.com/articl...

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