Synthèse opinion CREDOC 2009

, popularité : 92%

Note de synthèse

Cette note de synthèse résume les principaux résultats issus de l’analyse des questions insérées par la
CNAF dans la vague de début 2009 de l’enquête « Conditions de vie et Aspirations des Français ».

Les conclusions principales sont reprises dans l’ordre de présentation du rapport, avec, en préalable,
quelques éléments propres de description du contexte particulier de ce début d’année.

LE CONTEXTE : DESARROI FACE A LA CRISE, PEUR DU CHOMAGE ET REFUS DE L’EXCLUSION

Alors que l’économie mondiale est confrontée à une crise d’une ampleur exceptionnelle, amorcée dès
la fin 2006 aux Etats-Unis par le krach des prêts immobiliers hypothécaires, les Français se montrent,
en ce début d’année, particulièrement désabusés et en plein désarroi.
Elément le plus révélateur de la perte de confiance en l’avenir qui a spectaculairement gagné le corps
social en ce début 2009, plus de la moitié de la population (51%) croit désormais à une
détérioration prochaine de ses conditions de vie personnelles : c’est la première fois depuis 1979
qu’on observe un tel niveau de pessimisme. Avant 2007, ce taux n’avait jamais dépassé les 41%. La
crise internationale, l’insatisfaction se sont donc accompagnées d’une sérieuse perte de confiance
dans le court-moyen terme.

Cette progression du pessimisme tient bien entendu, pour beaucoup, aux anticipations négatives
concernant l’évolution du chômage. Il est vrai que le nombre de demandeurs d’emploi est reparti à
la hausse dès la mi-2008 et qu’il n’a cessé, ces derniers mois, de s’amplifier. Mais on ne peut en même
temps qu’être frappé par l’ampleur et la soudaineté du revirement de l’opinion sur cette question. Il
est rare en effet d’observer dans notre enquête de telles fluctuations d’une année sur l’autre : au début
2008, 47% de la population croyaient que le nombre de chômeurs pourrait encore augmenter ; c’est
maintenant le cas de 85% (+ 38 points en douze mois) !

Dans ce contexte très spécifique – ampleur record du pessimisme collectif, désarroi face à la
résurgence du spectre du chômage de masse, mais aussi omniprésence des difficultés budgétaires
ressenties … –, il n’est pas étonnant que des changements s’amorcent quant à la façon dont les
Français voient le système des prestations sociales, son efficacité et ses bénéficiaires.
Par exemple, les interrogations de la population sur les effets déresponsabilisants que peuvent
générer certaines prestations sociales, qui s’étaient clairement amplifiées il y a une dizaine
d’années, sans vraiment s’infléchir depuis, entament maintenant un net mouvement de recul.

Cela tient pour beaucoup au fait que la crise économique semble sérieusement réactiver les exigences
solidaires à l’égard des plus défavorisés. Et ce d’autant plus que 57% des Français disent
personnellement connaître un bénéficiaire du RMI (ou un ancien bénéficiaire), contre 45% en 1995.
En tout cas, c’est davantage la compassion envers les personnes les plus démunies qui prend de
l’ampleur, peut-être plus que ne s’effacent totalement certaines interrogations à l’égard des
modalités de distribution des aides.
Encore faut-il bien préciser que ces mouvements n’ont pas vraiment influé – et c’est relativement
étonnant – sur l’appétence à l’égard du montant des aides sociales. En effet, le pourcentage de la
population jugeant insuffisant le montant des prestations destinées aux familles n’a pas continué à
s’accroître comme cela avait été le cas l’an dernier. Au contraire, à 62%, il recule de 2 points, même
s’il reste encore à un de ses niveaux les plus élevés depuis 1998.
En réalité, ce qui est notable cette année est la progression du sentiment qu’il est nécessaire que
l’Etat agisse davantage pour éviter que la crise, et ses méfaits, ne laissent au bord du chemin un
nouveau et long cortège d’exclus. C’est donc vers les plus défavorisés que l’attention se porte : 68%
de la population considèrent que « les pouvoirs publics n’en font pas assez pour les plus
démunis ». Ce pourcentage a gagné 5 points cette année, retrouvant un de ses niveaux les plus élevés
depuis le début 2000 .

On aurait cependant pu penser que les difficultés de la période auraient beaucoup favorisé l’attente
d’espèces « sonnantes et trébuchantes » ; ce n’est pas le cas. Certes, la préconisation d’aides en
nature, très forte l’an dernier – à 70%, pourcentage record depuis 1984 –, a significativement reculé
(- 5 points en douze mois). Mais force est de constater que la préférence pour des aides sous forme
d’équipements et de services reste encore élevée, se situant toujours dans la fourchette relativement
étroite (de 62 à 69%) où elle a évolué pendant dix ans, de 1998 à 2007.
Autrement dit, sous l’effet de la crise économique et de ses retombées sociales, cette année a vu
monter une plus grande compassion à l’égard des plus démunis, marque d’un profond refus de
l’exclusion, notamment des groupes les plus précaires qui, pour l’opinion, ne sont en rien responsables
de la situation (« ils n’ont pas eu de chance »). Mais, malgré cette compassion croissante, malgré la
progression du pessimisme collectif et la permanence des difficultés budgétaires ressenties, force est
de constater qu’une partie de la population continue à s’interroger sur les effets de certaines aides
sociales, sur leur impact désincitatif à l’exercice d’une activité, même si ces interrogations reculent,
pour la première fois depuis une dizaine d’années. Il est difficile de se prononcer sur la poursuite de ce
mouvement de reflux. Les critiques se sont atténuées, mais elles sont encore présentes. Disons que
l’opinion maintient « une vigilance prudente », mais moins acérée qu’hier, envers des politiques
sociales dont elle attend beaucoup.

(CHAPITRE 1)
LES JUGEMENTS SUR LES PRESTATIONS SOCIALES

Le retour à l’emploi est perçu comme un des premiers objectifs au versement des minima sociaux
Si les interrogations sur les effets désincitatifs des aides sociales perdurent, même dans le contexte
actuel, c’est en partie parce que l’opinion est très attachée à l’exercice d’un emploi. Elle pense en
effet, à 62%, que le versement d’un minimum social doit avant tout permettre à tous ceux qui le
peuvent dans le ménage bénéficiaire d’exercer une activité, plus que de leur offrir une allocation
permettant de disposer d’un certain niveau de revenus. Cette opinion est aussi celle des actuels
bénéficiaires d’un minimum social, même s’ils sont un peu moins nombreux à attendre de ce type de
dispositif un retour à l’emploi (à 53%, contre 62% en moyenne).
Cette insistance pour associer aux minima sociaux l’exercice d’une activité est sans doute intimement
liée au fait que nos concitoyens sont massivement persuadés qu’un retour vers l’emploi est tout à
fait réaliste pour la plupart des personnes qui touchent le RMI (85% des personnes interrogées le
pensent, sous réserve évidemment qu’on les y aide). Seulement 14% des enquêtés estiment que « les
bénéficiaires du RMI sont, pour la plupart, des gens qui ne pourront jamais trouver un travail ».
En tout cas, pour inciter les allocataires de minima sociaux à retrouver un emploi, ce sont les aides
aux entreprises permettant de faciliter l’embauche qui ont la faveur de l’opinion : elles sont citées, en
première ou seconde place, par 60% de la population. Vient ensuite le cumul, pendant une période
limitée du minimum social et d’un faible salaire (51% des réponses cumulées). En troisième position,
41% des enquêtés évoquent l’octroi d’une prime aux personnes qui trouvent un emploi.
En bref, pour inciter les bénéficiaires de minima sociaux à renouer avec le travail, les Français
admettent la nécessité d’un « coup de pouce » spécifique, mais s’appuyant davantage sur une aide
ponctuelle que sur des dispositifs pérennes (seuls 25% évoquent le cumul permanent d’un faible
salaire et d’un minimum social).
Les retraites toujours en tête des prestations sociales à revaloriser
Quoi qu’il en soit, même si les Français estiment que les pouvoirs publics ne font pas assez pour les
plus démunis et que les aides aux familles sont insuffisantes, lorsqu’il s’agit de désigner, au sein de
toutes les aides sociales, celle qui mérite d’être augmentée en priorité, ce ne sont ni le RMI ni les
prestations familiales qui viennent en tête, loin s’en faut. Depuis 2004, ce sont en effet les prestations
vieillesse qui tiennent le haut du pavé.
Si l’on prend en compte simultanément les souhaits de revalorisation des différentes prestations et
ceux de baisse, on constate que les extrêmes concernent, d’un côté, les prestations vieillesse (solde positif de + 28 : il s’agit donc des allocations à revaloriser en priorité) et, de l’autre, le RMI (solde
négatif de - 15).
Pour la deuxième année consécutive, la prestation la moins « appréciée », celle qui affiche le solde le
plus dégradé, est donc le RMI (- 15 points, comme l’an passé). Les prestations chômage, dont le solde
évolue dans le temps selon une trajectoire proche de celle du RMI, obtiennent en 2009 un solde négatif
(- 10 points, mais en amélioration de 3 points par rapport à l’an passé). Enfin, les prestations de
logement, qui avaient l’an dernier pour la première fois affiché un solde positif, repassent dans la zone
rouge (solde de - 2 points).
RMI et prestations chômage n’ont donc pas soudainement, avec la crise, été plébiscitées : elles restent,
comme l’an dernier, en fin de liste.
A l’inverse, quatre prestations méritent, aux yeux de l’opinion, qu’on les augmente plutôt qu’on ne les
diminue.
Les retraites se situent très au dessus du lot (+ 28 points, exactement comme l’an dernier). Viennent
ensuite les pensions d’invalidité ou de handicap (solde de + 6 points, comme l’an dernier).
Les prestations familiales et les remboursements maladie de la Sécurité Sociale suivent de très
près, affichant cette année un score identique (solde de + 5 points), mais avec des trajectoires très
différentes : les prestations familiales sont en effet, depuis que l’enquête existe, toujours associées à un
score positif alors que c’est la première fois que cela arrive pour les remboursements maladie.

(CHAPITRE 2)
LES GRANDS PRINCIPES DES PRESTATIONS FAMILIALES

Les objectifs, perçus et souhaités, des prestations familiales

On ne peut pas dire que les objectifs actuels visés par les prestations familiales sont perçus avec clarté
par l’opinion. Certes, pour près d’une personne sur trois (32%), l’objectif visé par les pouvoirs publics
est aujourd’hui la lutte contre la pauvreté. Mais derrière, quatre autres axes, assez disparates,
recueillent sensiblement le même nombre de suffrages (12-13% chacun) : l’aide inconditionnelle à
toutes les familles, la lutte contre les inégalités, les aides au logement, le soutien à la natalité.
D’ailleurs, au total, quand on fait la part entre d’un côté les objectifs d’aides aux familles (stricto
sensu) et, de l’autre, ceux qui visent à lutter spécifiquement contre la pauvreté et les inégalités, on
observe que, dans les objectifs actuels, les aides à la famille dominent légèrement aux yeux de
l’opinion (à 52%, contre 45%).

Par contre, quand il s’agit des objectifs principaux qui devraient être mis en oeuvre dans les années
qui viennent, les souhaits sont plus explicites. Trois axes captent ainsi près des trois quarts des
réponses : la lutte contre la pauvreté (37%), puis la correction des inégalités (21%) et, enfin,
permettre aux familles de se loger correctement (15%).
Autrement dit, pour 58% des Français, le système des prestations familiales devrait surtout à l’avenir
se consacrer à la lutte contre la pauvreté et contre les inégalités (en hausse de 3 points par rapport à
2008). Les aides consacrées à la famille et à l’enfant regroupent 42% des suffrages.
On constate donc un écart, favorable à la redistribution verticale (des plus riches vers les plus
pauvres) : on souhaiterait que cette redistribution soit à l’avenir davantage mise en oeuvre (58%)
qu’elle ne l’est aujourd’hui (45%), soit un différentiel de + 13 points. Les plus soucieux de cette
réorientation sont les groupes les plus favorisés (+ 28 points pour les diplômés du supérieur, + 26 pour
les cadres, + 18 points pour les titulaires des revenus les plus élevés).
Les aides à l’enfant : combattre la pauvreté ou compenser le coût réel ?
Les prestations familiales se situent donc à la confluence de plusieurs objectifs : aider les plus pauvres,
mais aussi aider les familles, en tenant compte ou pas de leurs revenus, voire de leurs dépenses …
Invités à se prononcer, les Français font finalement preuve d’une certaine hésitation :
• Le plus grand nombre (47%) préfèrerait qu’on donne une somme plus importante pour les enfants
des familles les plus démunies
• 41% aimeraient que l’on donne une somme correspondant à « ce que coûte réellement chaque
enfant à sa famille »
Une chose est sûre : seuls 11% des enquêtés souhaitent que la même somme soit versée à chaque
enfant, quels que soient les revenus de la famille. On ne souhaite donc pas l’égalité stricto sensu, mais
plutôt une forme d’équité.
Plus on a d’enfants à charge et plus on est sensible à la proposition qui consiste à aider en fonction du
coût réel de l’enfant (de 38% pour ceux qui n’ont pas d’enfants à 48% pour ceux qui en ont deux ou
plus).

Les aides au logement

C’est une hésitation du même ordre qu’on retrouve en matière d’allocation-logement : vaut-il mieux,
en la matière, élargir le nombre de bénéficiaires (en diminuant les montants versés) ou, au contraire, le
réduire pour aider plus franchement les plus démunis ? Le débat est loin d’être tranché : les enquêtés sont, comme l’an dernier, très partagés sur la question. 52% prônent en effet une augmentation du
montant versé (quitte à réduire le nombre de bénéficiaires en ciblant les allocations sur les plus
démunis), tandis que 45% préfèrent envisager une baisse des montants versés, mais en élargissant le
nombre de bénéficiaires potentiels.
Quoi qu’il en soit, s’il y a une crise du logement dans notre pays, c’est, aux yeux des Français, le prix
des logements qui en est le premier responsable (56% des premières réponses). Vient ensuite le
manque de logements (24% des premières réponses) et la difficulté à devenir propriétaire (12% en
premier choix). Le refus de certains bailleurs de louer apparaît en tout cas comme la dernière des
causes expliquant la crise du logement (8% des premiers choix).

Un regard favorable sur les échanges de données entre les CAF et les Impôts

Alors que, jusqu’ici, les allocataires devaient renvoyer à leur Caisse les déclarations de ressources
complétées, un changement important est intervenu en 2008 : les allocataires n’ont plus à s’occuper de
quoi que ce soit ; les Caisses récupèrent directement les informations auprès de la Direction des Impôts.
Comment cette innovation est-elle perçue ? Relativement bien, puisque 64% des Français se félicitent
de « cette mesure de simplification bienvenue ». Les allocataires sont plus élogieux encore (68%). Une
personne sur trois, cependant, évoque « une mesure de contrôle non justifiée ».
On constate que le procédé semble d’autant mieux accueilli que les revenus du foyer sont importants :
l’opinion selon laquelle ce transfert d’informations constitue une mesure de simplification bienvenue
passe ainsi de 54% en bas de l’échelle des revenus à 68% en haut de cette même échelle.
Bien entendu, les réponses à cette question sont dictées par d’autres considérations : ce type d’échange
peut en effet rassurer ceux qui craignent que les contrôles soient insuffisants ou que des fraudes
existent. Le croisement avec la question relative aux efforts des pouvoirs publics envers les plus
défavorisés est, à ce sujet, tout à fait éclairant : quand on juge que les pouvoirs publics en font « trop »
pour les démunis, on accueille encore plus favorablement l’idée que les Caisses obtiennent les
informations sur les ressources directement auprès des Impôts (à 73%, contre 64% en moyenne).
Près du quart des allocataires ont, cette année, contacté leur CAF par mail
Enfin, les contacts avec les CAF via le courrier électronique touchent déjà presque un quart des
allocataires : en moyenne, 23% exactement disent avoir contacté leur CAF par mail cette année. La
proportion monte même à 37% chez les plus diplômés des allocataires et à 33% chez les membres des
professions intermédiaires.

Le fossé numérique, présent dans l’ensemble de la société française, est également très prégnant chez
les allocataires. C’est pourquoi les plus âgés (97%), les non-diplômés (89%) et les moins fortunés
(85% de ceux qui disposent de moins de 1.500€ par mois) utilisent encore bien peu ce mode de
communication.

(CHAPITRE 3)
LES PREFERENCES POUR AIDER LES FAMILLES EN FONCTION DE L’AGE DES ENFANTS

A propos du congé parental

Les enquêtés ont eu bien du mal à départager les deux options qui leur ont été soumises à propos du
congé parental : 49% préfèrent la situation actuelle (un congé de trois ans, rémunéré de façon
forfaitaire) ; 49% souhaiteraient la mise en oeuvre d’un congé plus court, mais mieux indemnisé. L’âge
est ici un critère déterminant : les moins de 40 ans adopteraient plus volontiers un congé plus court et
mieux rémunéré (à 55%) ; les plus âgés sont attachés à la formule actuelle, qui permet un arrêt de
travail plus long (à 58%).

Les modes de garde les plus satisfaisants

Quel est le mode de garde jugé le plus satisfaisant lorsque les deux parents travaillent ? La question
est, depuis vingt ans, régulièrement posée dans notre enquête. Mais, pour la première fois cette année,
on a distingué deux tranches d’âge : on a cherché à connaître séparément les préférences en matière de
mode d’accueil pour les enfants de moins d’un an et celles concernant les enfants de un à trois ans.
Les différences d’opinions sont effectivement très sensibles : c’est la nourrice qui est préférée, dans
39% des cas, pour les enfants de moins d’un an tandis que la crèche collective (35%) a plus d’adeptes
que la nourrice (32%) quand il s’agit de la garde des enfants de un à trois ans.
Pour les enfants de moins d’un an, en second choix, on hésite entre une structure collective (22%) et
les grands-parents (19%). Pour les enfants un peu plus grands, la garde par les grands parents a
relativement moins d’attrait, puisqu’elle perd 5 points de citations (14%). Toutes les autres solutions
recueillent moins de 7% des réponses.

Les actions à développer pour faciliter la garde des moins de trois ans

Au total, parmi une demi-douzaine de mesures susceptibles de faciliter la garde des enfants de moins
de trois ans, les Français attendent d’abord une augmentation du nombre de places en crèche (41%
des premiers choix, 61% des réponses cumulées). Vient ensuite l’augmentation des aides financières
pour les modes de garde individuels : 16% des premiers choix, 40% des réponses cumulées. Le
développement d’aides financières pour compenser une baisse (ou un arrêt) d’activité susciterait
presque autant d’attentes (21%, 37% en cumul).

La création de jardins d’enfants pour les 2-3 ans est citée par 12% des enquêtés (30% en cumul).
L’information sur les différents modes de garde (6%) et leur meilleure répartition sur le territoire (4%)
sont des pistes beaucoup moins souvent évoquées.
L’Allocation de Rentrée Scolaire
L’Allocation de Rentrée Scolaire (ARS), versée sous conditions de ressources, aide à assurer le coût
de la rentrée pour les enfants de 6 à 18 ans. Pour la première fois cette année, son montant a été
modulé en fonction de l’âge de l’enfant concerné : trois tranches d’âge ont été créées (6-10 ans ; 11-14
ans et 15-18 ans).
Le principe même d’une telle modulation est très largement apprécié : c’est « une bonne chose »
pour 86% des Français, qu’ils soient eux-mêmes allocataires de prestations familiales (85%) ou non
allocataires (87%).
Se pose cependant le problème de l’adéquation entre les montants proposés (qui varient de 272€ pour
un enfant en primaire à 297€ pour un ado) et les besoins supposés. Et là, le verdict est plus nuancé.
Les allocataires se montrent, ici, un peu plus critiques que la moyenne (55% jugent les montants peu
adaptés, contre 50% dans l’ensemble de la population).
Dans l’idéal, une majorité d’enquêtés (56%) prône un système où les 15-18 ans seraient les plus
favorisés. D’un autre côté, 24% pensent que la meilleure solution consisterait à ne pas prendre en
compte l’âge. Allocataires et non-allocataires ne se distinguent pas ici.

Les aides pour les 12-17 ans

L’Allocation de Rentrée Scolaire est versée une fois par an, mais uniquement aux familles les plus
défavorisées. D’une façon plus générale, quelles seraient les mesures les plus à même d’aider les
parents dans l’exercice de leur rôle lorsqu’ils ont des enfants de 12 à 17 ans ? Le classement des
préférences montre que les Français veulent avant tout que soient développés les équipements et
activités extra-scolaires à destination des jeunes de cet âge (32% des premiers choix, 55% des
réponses cumulées).
En seconde place arrive l’augmentation du nombre d’enseignants (22% des premiers choix, 47%
des réponses cumulées).
Un relèvement du montant des prestations familiales est ensuite envisagé (19%, 32% en cumul),
devant l’offre d’un salaire au parent qui resterait à la maison (13% des premières réponses, 28% des
réponses cumulées).

Les parents d’enfants de cet âge insistent en premier lieu sur l’augmentation du nombre des
enseignants (réclamée par 49% d’entre eux) ; les allocataires, quant à eux, adoptent les mêmes
préférences que l’ensemble de la population.
Les aides aux grands enfants
Les débuts dans la vie active et l’émancipation des jeunes adultes n’est pas chose aisée, surtout dans la
période de crise actuelle. Concrètement, si un jeune adulte qui ne vit plus chez ses parents a des
difficultés d’argent, une immense majorité de la population pense qu’il est du devoir de sa famille de
l’aider (91%, + 2 points en deux ans). L’intervention des pouvoirs publics est également souhaitée,
dans ce cas, par 76% des Français (- 2 points en deux ans).
Six actions possibles, pour aider les jeunes adultes et leurs familles, ont été soumises à l’appréciation
des enquêtés, à charge pour eux de désigner l’action leur paraissant la plus utile et celle leur semblant
la moins utile. On peut classer les mesures en deux groupes distincts : trois suscitent plus d’intérêt que
de rejet (les bourses pour les étudiants, les aides pour l’insertion professionnelle des jeunes, les aides
au logement) tandis que trois autres s’attirent essentiellement des critiques (prolongation des
allocations familiales au delà de 20 ans, instauration du RMI avant 25 ans et déductions fiscales pour
les parents).

Chez les parents de grands enfants eux-mêmes (parents de jeunes de 18 ans et plus), les deux priorités
sont le développement des bourses pour les étudiants (solde de + 25, contre + 24 pour l’ensemble de la
population) et les renforcements des aides à l’insertion professionnelle (+ 11, contre + 14). Les parents
de grands enfants se distinguent également par la bienveillance particulière qu’ils accordent au
prolongement des allocations familiales (solde de + 8, contre – 8 dans l’ensemble de la population),
qui précède dans leur classement les aides au logement (+ 3).
Mais, même chez eux, deux actions ont un solde négatif : les déductions fiscales (solde de - 15) et,
surtout, l’instauration du RMI avant 25 ans, davantage vilipendé par les parents de grands enfants (solde de - 24) que par l’ensemble de la population (- 18).

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