Quel niveau de dette publique ?

mardi 25 mai 2010
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Les récentes données de l’OFCE sur l’impact négatif
de la crise sur la croissance française incitent à
revenir sur la délicate question des déficits et de
l’endettement du pays. L’actualité des déclarations et
autres colloques nous conforte dans ce choix : peu à
peu, la classe politique se décide à placer cette question
au centre des préoccupations, de 2012 notamment.

Mais, il n’est pas sûr que tout le monde ait bien compris
la portée de la situation, que l’on peut illustrer par le cas
de la Grèce. Ce pays a une dette de l’ordre de 120% de
son PIB. Un chiffre que la France atteindrait en 2016,
si la tendance actuelle se poursuit… La Grèce supporte
pour sa dette des taux d’intérêt de 6% par an, la France
d’un peu plus de 3%. En clair, à chaque exercice
budgétaire, nous payons plus de 45Mds€ d’impôts
supplémentaires pour la dette ! Soit l’équivalent du
produit de l’impôt sur le revenu ou de 4% de CSG.

Vous avez bien lu “impôt”, même si certains expliquent
que la France doit éviter surtout de résoudre
immédiatement ses problèmes de déficits et de dettes en
augmentant les impôts et, que faire de la dette est sain
en soi ! Mensonges, car nos déficits et dettes sont
toujours des impôts. Différés dans le temps, certes, mais
dans le cas présent, notre passé d’impécuniosité
publique nous coûte déjà cher. On paie ainsi trois fois
les déficits et dettes : les intérêts des prêteurs, avec
l’écart sur le coût principal, le fait enfin que ces “trous”
ne sont pas toujours pour des dépenses d’avenir.

Certains économistes évoquent ainsi l’existence de cinq
dettes publiques : la dette fatale, liée à une chute
structurelle d’activité et de production de valeur ajoutée
de l’économie (la France y succombe peu à peu), la
dette sociale (on connaît !), la dette permanente d’un
État dépensier, la dette de crise pour résoudre les
difficultés des banques (en souhaitant que ce soit une
bonne fois pour toutes), la dette stratégique enfin, celle
d’une dépense d’aujourd’hui pour une recette de
demain. A priori, la France cumule les quatre premières.
Pour la 5e, on verra.

Dernier constat, non des moindres : À qui profite cette
dette ? l’État organise ainsi une énorme redistribution
entre le contribuable qui paie toujours et l’épargnant
qui se goinfre des intérêts. Ceci, au sein d’une même
génération, entre riches qui gagnent à ce jeu et pauvres
qui perdent encore… Comme quoi les défenseurs d’un
État et d’une protection sociale efficients et solidaires ne
sont pas toujours du côté où ils le croient.

Cet article est repris du site http://www.espace-social.com/spip.p...


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