Retraite : le coup de massue

mardi 20 avril 2010
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Le rapport du Cor confirme la triple hausse pour les années à venir : celle de 50% du nombre de retraités (donc une forte dégradation du rapport inactif/actif), celle de la durée moyenne de versement des pensions et celle du montant moyen de ces dernières.

- Un coup de massue. Voilà ce que représentent les récentes projections du Comité d’orientation des retraites pour les années 2020 à 2050. Exceptés quelques spécialistes, personne ne supposait un tel dénivelé des besoins de financement à trouver dans les 9 prochaines années. Car 40 Mds€ ou 48 Mds€ en valeur 2009, le double de ce qui était projeté en 2007, signifient une hausse de 20% des dépenses de retraite tous régimes confondus, soit une augmentation de près de 4% de la CSG. Une hypothèse qui repose sur un scénario “central” selon lequel, la productivité redevenue forte, à 1,8% par an, le taux de chômage chuterait à 4,5%, presque le plein-emploi. Autrement dit, une économie française retrouvant vite une embellie forte et durable. Malgré cela, il faudrait trouver encore des dizaines de milliards d’euros…

 

Ceci inspire une remarque : les économistes et autres acteurs sociaux qui ont expliqué que, la crise passée, le plein-emploi retrouvé, tout “baignerait”, méritent des coups de bâtons ! Que la France retrouve le plein emploi avec un solde positif annuel de 250 000 postes créés pendant 9 ans, ce qui n’est pas arrivé depuis les années soixante-dix, ne rapporterait que 100 Mds€ sur les 10 prochaines années, alors qu’il en faut plus de 400 Mds€ pour équilibrer le système. Et ne parlons pas de 2040 ou de 2050 !

 

En matière de retraite, la démographie est le facteur prépondérant. Combien de personnes en retraite, combien d’actifs qui les paient au nom de la solidarité et à quel niveau de pension ? Le rapport du Cor confirme la triple hausse pour les années à venir : celle de 50% du nombre de retraités (donc une forte dégradation du rapport inactif/actif), celle de la durée moyenne de versement des pensions et celle du montant moyen de ces dernières.

 

La réforme est donc inévitable. Mais le Gouvernement sera seul avec sa majorité pour la mener à bien. Il le sait depuis le début. Car, côté syndical, personne n’est prêt à la porter. Non seulement, les divisions semblent irréductibles, mais personne ne songe un instant à “mettre les mains dans le cambouis”. Dans ces conditions, la question du rythme de la réforme choisi par l’État est accessoire. Pourquoi le Gouvernement traînerait-il sur une réforme où il se sait seul car aucune des solutions en vue n’est populaire ?

 

Du côté de la gauche, Parti socialiste en tête, faute de consensus sur le fond, on semble choisir la voie de la défausse en niant l’urgence à agir. Quitte à enfourcher les poncifs de toujours et décréter la croissance et l’emploi. Nous vivons un grand moment national !

 

Comme d’habitude.

Cet article est repris du site [->http://www.espace-social.com/spip.php?article2233]


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