Au pied du mur

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- Mes petits camarades feraient bien de ne pas oublier
que le Cor est une création de nous, de Lionel
Jospin » disait, il y a peu, Michel Rocard à
propos des déclarations véhémentes des leaders
socialistes contre les chiffres publiés par le Conseil
d’orientation des retraites. La gauche et le social, vieux
et vrai sujet…

Le Cor serait, ainsi, un repère de
“sarkozystes”. Il y a de quoi rire lorsqu’on connaît
l’équipe qui y travaille… Systématiquement, notre pays
et ses élites récusent les hypothèses socio-économiques
délicates. Avec le temps, comme il ne se passe rien, des
enjeux naguère surmontables deviennent démesurés et
nous voilà au pied du mur. Le déficit de la sécurité
sociale a commencé ainsi en 1986. Hormis quelques
années pas trop mauvaises, avec de légers excédents
en 1989 et 1999, la pente est devenue fatale. Quant à
l’histoire de prendre son temps pour réformer, à
l’instar des Suédois, qui décidèrent une première
réforme en 1993, nous aurons garde de ne pas oublier
que le premier grand rapport alarmiste sur les
perspectives des retraites en France date de 1985
(rapport Tabah, avec un groupe de travail présidé par
Rolande Ruellan). 25 ans, c’est peut-être suffisant pour
agir. Nous le disons d’autant plus aisément que les
réformes de 1993 et 2003 n’ont manifestement pas
réglé les problèmes. On a le sentiment que tout le
monde ment ou presque sur ce dossier. L’opposition, qui
feint de croire qu’on pourra se limiter à taxer les riches
et à porter la hache sur les niches fiscales et sociales en
négligeant tout le reste, le Gouvernement qui laisse
croire (voir notre article) que seules les économies faites
dans les régimes sont une solution au défi.

- Comment Nicolas Sarkozy a-t-il pu croire que la
mission Legmann sur l’avenir de la médecine libérale
produirait autre chose qu’une dénonciation en règle
de la réforme HPST portée par Roselyne Bachelot à sa
demande ? Nous avons maintenant une nouvelle
mission, celle d’Élisabeth Hubert (bienvenue à elle !)
qui, nous l’espérons, proposera autre chose que les
archaïsmes syndicaux dont, quand elle fut ministre de
la Santé, en 1995, elle se fît parfois le relais.

Les temps
ont changé paraît-il. Tant mieux ! L’ancienne ministre
peut être une chance, si elle contraint les habituels
acteurs institutionnels nationaux à changer de
conception de la médecine, de manière de l’organiser,
de l’exercer, de la rémunérer. Le temps de l’espoir
donc, le temps de la prudence néanmoins.

Cet article est repris du site http://www.espace-social.com/spip.p...

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