Déficit 2010 From le Monde

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La dégringolade sans précédent des comptes de la Sécurité sociale est liée en majeure partie à la crise : l’organisme tire la plus grande part de ses recettes des cotisations des salariés et des employeurs, en chute libre avec la progression du chômage.

La Sécurité sociale, toujours ébranlée par la crise, va voir le déficit de son régime général (salariés du privé) atteindre un nouveau niveau record en 2010, autour de 27 milliards d’euros, sous le poids principalement de ses branches maladie et retraite. En septembre dernier, la prévision officielle pour 2010 dépassait les 30 milliards d’euros, mais la commission des comptes de la Sécurité sociale (CCSS) devrait revoir ces chiffres à la baisse, dans son rapport attendu mercredi.

Ce nouveau "trou" prévu constituera néanmoins un nouveau record. Il va s’ajouter à celui de 20,3 milliards d’euros constaté en 2009 et sera probablement aggravé en 2011. Cette dégringolade sans précédent des comptes de la Sécurité sociale est liée en majeure partie à la crise, l’organisme tirant la plus grande part de ses recettes des cotisations des salariés et des employeurs, en chute libre avec la progression du chômage. Au-delà du montant du déficit, dont l’ordre de grandeur est connu depuis plusieurs mois, la publication des prévisions de la CCSS reposera la question toujours sans réponse du financement de la dette sociale, formée par les déficits successifs.

MAÎTRISE DES DÉPENSES

La branche retraite, dont le déficit est attendu autour de 10 milliards d’euros en 2010, est au cœur de toutes les attentions actuellement, dans le cadre de la réforme en préparation des retraites. Le gouvernement dévoilera son projet entre le 15 et le 20 juin, même s’il a déjà abattu ses principales cartes, comme le recul de l’âge légal de départ.

L’assurance maladie devrait concentrer quant à elle plus de la moitié du déficit du régime général. Soucieux d’afficher son volontarisme, le gouvernement a réagi au quart de tour fin mai, quand un risque de dépassement de l’objectif annuel des dépenses d’assurance maladie pour 2010 lui a été signalé. Il a annoncé 600 millions d’euros d’économies supplémentaires à réaliser en cours d’année, après les 2 milliards d’euros supplémentaires votés dans le budget 2010 de la Sécurité sociale, alors qu’il n’y était pas contraint par les procédures en vigueur. Les mesures annoncées portent notamment sur des baisses de prix de médicaments, un mode de calcul moins favorable pour les assurés des indemnités journalières des arrêts de travail ou encore sur les tarifs de la chirurgie de la cataracte.

Nicolas Sarkozy a déjà fixé le cap, focalisé sur la maîtrise des dépenses : après 3 % cette année, il a décidé de ramener la progression annuelle des dépenses d’assurance maladie (Ondam) à 2,9 % en 2011 et 2,8 % en 2012. Ces objectifs sont jugés irréalistes par plusieurs acteurs du monde de la santé.
"Nous allons prendre des mesures qui ne touchent à aucun moment au pouvoir d’achat des assurés", a par ailleurs tenu à rassurer dimanche la ministre de la santé, Roselyne Bachelot.

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