L’esprit de sacrifice ?

dimanche 13 juin 2010
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- À moins de faire preuve d’esprit de sacrifice, on
voit mal pourquoi les salariés français
s’enthousiasmeraient pour une réforme des
retraites puisqu’il s’agit d’en réduire le coût collectif sur
le long terme ! Du coup, tous les sondages publiés ici
et là offrent un intérêt secondaire. Nous sommes
inquiets sur tout : l’âge de départ, la durée de
cotisations, le montant des futures pensions, les droits
annexes, etc.

Paradoxe, seul en réchappe la prise de
conscience qu’une réforme est indispensable. Tout le
reste est rejeté ou presque. Rien de nouveau donc,
d’autant que, désormais, la réforme de 2003 est
encensée (on se demande pourquoi la CFDT jure
qu’on ne l’y reprendra plus…) par tous les opposants
d’alors. C’est toujours comme cela que les choses se
passent en France. D’abord on proteste, puis on
discute, après on reconnaît. Il en fut ainsi de la CSG
en 1990, critiquée tous azimuts encensée depuis.

Une réforme des retraites de résignation peut-être, mais
aussi une extrême vigilance sur l’exigence d’équité.
Et davantage d’efforts pour les ménages et actifs les
plus aisés. Nicolas Sarkozy est attendu là-dessus.

- Ne demandons plus à la CFDT, qui achève son
congrès, de porter toutes les réformes sociales dites
d’adaptation ou de compromis. Après tout, on ne peut
exiger des syndicalistes ce pourquoi ils ne sont pas
faits, ni mandatés. Et puis la CFDT a donné. Et, en
retour, n’a pas reçu et au travers d’elle, les salariés
français non plus. Ni des gouvernements, de droite
comme de gauche, ni du patronat, rien de
fondamental face aux défis économiques et sociaux du
pays n’a vraiment bougé. Ce n’est pas une
condamnation du réformisme en soi. Mais c’est une
période nécessaire pour que le mouvement syndical
retrouve ses fondamentaux.

On aurait pu penser que l’État et les entreprises
feraient oeuvre de bon sens en tentant d’innover dans
le champ de la politique contractuelle. La déception est
à la hauteur des espoirs initiaux. Quel gaspillage que
l’actuel débat social français. On s’y affronte à coup
d’idéologies et de slogans surannés. Et la politique
privilégie irréductiblement le seul rapport de force
médiatique ou symbolique. La question des 60 ans
entre en partie dans ce type de “jeu”. À droite pour
démontrer à l’opinion que l’on met fin à un acquis
des années Mitterrand. À gauche, on fait le chemin
inverse. Nous sommes en 2010 et cela se passe
en France.


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