Protection et insécurité sociale

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- La France aimant les grands affrontements
idéologiques, la question des 60 ans dans le débat
sur les retraites sera un cas exemplaire. Même
si cette question n’est objective que pour 15% de la
population active. L’appréhension du dossier retraite a
changé chez les Français. Elle n’est plus univoque. Et
le gouvernement joue habilement sa partition puisqu’il
crée un marqueur politique pour son électorat tout en
ouvrant des perspectives d’atténuation sociale de la
réforme via les questions des carrières longues et de
la pénibilité.

Autre aspect, plus de 555 000 séniors âgés
de 55 à 64 ans bénéficient de mesures publiques de
cessation anticipée d’activité. 17,5% de la population
âgée de 60 à 64 ans est en activité en France, contre
61% en Suède, 44% en Grande-Bretagne, 40% en
Allemagne. Il y a là une incongruité économique et
sociale, sauf à démontrer que nous serions nous mêmes
usés plus précocement. Différer l’âge de la
retraite agira sur l’emploi des séniors, c’est prouvé.
Sur tous ces sujets (celui du droit à la retraite
progressive aussi), il faut des engagements clairs
de l’État et une perspective de négociation nationale
sérieuse. C’est là que se nichera l’intelligence d’une
réforme encore incertaine. Le détail qui compte : où
est passé le Medef ?

- Selon certains observateurs 2012, i.e. l’élection
présidentielle, se jouerait entre le sentiment de
protection ou d’insécurité sociale. La remise en ordre
des économies après la crise, notamment de la sphère
publique et sociale, sera ainsi le catalyseur des enjeux
politiques et plus largement du modèle social
européen. Un diagnostic exact selon nous. Mais pas
forcément juste non plus si l’on conçoit ce débat en
termes seuls de niveau des dépenses publiques et de
réduction des droits acquis. Santé et protection sociale
connaissent de nouveaux paradigmes. Comment
maintenir, créer, voire recréer de la sécurité sociale
sans que cette ardente obligation se confonde avec une
accumulation “primitive” de prestations et de charges
pour l’économie nationale ? Voilà la question majeure.

- Le devenir de la construction européenne trame ce
débat. La question n’est plus de savoir si l’UE doit
accepter une forme économique et budgétaire plus
intégrée, donc plus disciplinée, ou choisir plutôt la voie
du chacun pour soi (cf. le débat sur la constitution
lors du référendum de 2005). Ce point est tranché.
Victoire par knock out de la première orientation.
On peut y introduire des nuances mais sans plus.
Eh oui, l’Europe est sociale-démocrate. Le mieux
disant par les temps qui courent !

Voir en ligne : http://www.espace-social.com/spip.p...

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