Le Medef encore influent ?

dimanche 13 juin 2010
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- Selon toute probabilité, Laurence Parisot sera
largement réélue, d’ici quelques semaines, à la
présidence du Medef. Ce qui autrefois aurait pu
être un événement majeur passera, une fois la
réélection assurée, plutôt inaperçu.

Beaucoup s’interrogent sur l’influence réelle du Medef
sur le cours de la politique nationale. Évidemment, le
patronat existe au sens d’une réalité générique. Son
lobbying demeure omniprésent et efficace. Sa
proximité avec l’actuel gouvernement n’est pas une
révélation. Mais, le poids du Medef sur la politique
sociale française est réduit aux acquêts. Bonne
nouvelle ! diront ceux qui redoutent les exigences des
entreprises, qui sont cependant connues et largement
intégrées dans les choix du gouvernement. Une
mauvaise chose selon nous.

Faute d’un patronat
engagé, c’est l’indifférence générale. Mieux vaut un
capitalisme rhénan, socialisé et régulé, qu’un “chacun
pour soi” purement libéral à l’anglo-saxonne. Les
dossiers de la pénibilité et de l’emploi des séniors ont
été manifestement bâclés par le Medef. On peut faire
largement mieux que le quasi-désert qu’est devenue la
politique contractuelle actuelle. Pour cela, il faut des
entreprises actives et plus citoyennes certes, mais
d’abord un patronat digne de ce nom. Trop tard ?

- L’autre jour, Claude Évin, directeur général de
l’Agence régionale de santé de Paris disait des
évidences sur les obstacles structurels opposés à la loi
HPST et qui handicaperont forcément ses résultats.

Comment peut-on réussir ainsi un véritable
redéploiement de l’offre de soins, hospitalière
notamment, si de façon concomitante, la médecine de
ville et le médico-social ne sont pas adaptés ?

Comment peut-on rendre efficient un système de soins
lorsqu’on ne peut agir que sur la moitié des dépenses,
celles de l’hospitalisation, séparées des soins de ville ?
Comment peut-on concrétiser une véritable politique
régionale ou locale de promotion de la santé en
l’absence d’unité de vue, de décision et d’application
des priorités de santé, avec des professionnels tiraillés
par des règles différentes, des lieux de représentation
et de contractualisation également différents ? Il y aura
bien une version 2 d’HPST, mais avec un transfert de
compétences nationales des relations avec les
professions de santé en direction de l’État et du
fameux comité de pilotage des agences. Corollaire de
cette évolution, la mise en place progressive d’Ordam
(objectifs régionaux de dépenses d’assurance maladie),
condition sine qua non des transferts de substances
d’activité médicales. Le reste est littérature !


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