Quelle volonté de réformer ?

dimanche 13 juin 2010
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- Soyons rassurés, ni le PS ni le gouvernement n’ont
l’intention de réussir une véritable réforme des
retraites. On accordera cependant un bon point
aux dirigeants socialistes pour avoir présenté un plan
de financement global, quand bien même nombre de
mesures ne sont pas crédibles ou suffisantes pour faire
face aux besoins. Ainsi, décréter que l’on va créer
800 000 emplois n’a pas de sens en soi. À moins de
laisser penser que Nicolas Sarkozy et son
gouvernement font tout ce qu’ils peuvent pour
accroître le chômage en France. Absurde, évidemment.

Qui peut croire aussi qu’on pourra durablement
surtaxer les bénéfices des banques à 50 %. On peut le
faire un temps, mais la compétitivité de l’économie
bancaire française n’y résistera pas. Ne pas confondre
morale et efficacité économique. A contrario, notre
dossier de la semaine le démontre, le gouvernement
n’est pas crédible non plus en refusant de dévoiler ses
propositions de financement. Le Cor a déjà démontré,
chiffres en mains, que la modification des seuls
paramètres du système des retraites ne permettait
d’économiser que 50 % du besoin de financement.
Le spectacle, le mauvais hélas, continue…

- Jamais depuis la guerre, le monde n’avait connu un
tel niveau d’endettement. Quelques chiffres font froid
dans le dos : 37776 Mds $ de dette publique mondiale
soit l’équivalent du PIB des 27 pays de l’Union
européenne… Plus proche de nous, entre 2007
et 2011, la dette des pays membres de l’UE gonflera
de 73 à 110 % du PIB. Encore plus proche de chacun
d’entre nous, la France devrait, pour ramener le
niveau de sa dette publique et sociale dans les clous de
Maastricht, économiser ou prélever 500 Mds€ d’ici
2017, soit une moyenne annuelle de quelque 70 Mds€,
l’équivalent de 140 % de l’impôt sur le revenu ou
encore de 170 % de l’impôt sur les sociétés… Inutile
de dire qu’il s’agit là d’une mission impossible. Nous
pourrions multiplier les chiffres. Restons en là.

Voilà des années que notre périodique dénonce la
dérive des comptes. En priorité, celle des comptes
sociaux, moteurs de la solidarité nationale. Répétons-le,
la République française s’est discréditée en laissant
s’installer, depuis bientôt 25 ans, un financement des
dépenses sociales courantes à crédit via le binôme
déficits/dette sociale.

Vilipender les marchés, les agences de notation, les
spéculateurs de tout poil soulage, autorise un coup de
barre verbal “à gauche” mais laisse froid les prêteurs.
Dans un livre à paraître Tous ruinés dans dix ans ?,
Jacques Attali, notre bon docteur Doom, prédit une
déflagration sociale d’ici une dizaine d’années en
raison d’un niveau réel de la dette de 130% du Pib
devenu non finançable.


http://www.espace-social.com/spip.p...

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