Encore la retraite

, popularité : 92%

- Au risque de nous “faire tuer” – prenons-le –
assumons le fait qu’hormis pour les situations de
pénibilité et de longues carrières, il faille mettre de
côté le principe du retour aux 60 ans comme âge légal
de départ en retraite. Dire cela ne revient pas à adopter
la réforme en cours.

Nous l’avons maintes fois répété
dans ces colonnes. Une lecture attentive, couplée aux
échanges avec des syndicalistes et experts, montre que
la réforme Fillon de 2003 était de meilleure facture que
celle de 2010. L’exemple le plus évident de ce qui est
discriminatoire est l’affaire du seuil des 67 ans. Les
statistiques présentées dans notre événement prouvent
le caractère injuste de cette mesure.

Assimiler les cas
d’une caissière de supermarché qui, outre sa carrière en
dent de scie, devra attendre 67 ans pour ne pas subir la
triple peine que sont une proratisation de ses droits
couplée à une décote, et l’obligation de s’arrêter de
travailler pour cause de fatigue ou de chômage (qui
recrutera demain des caissières ayant 65 ans ?) et celle
d’un étudiant de bonne famille entrant dans la vie
active à 24 ans, n’a pas de sens ! Il faut donc établir une
forme de discrimination pour assurer de la justice
sociale. Cet exemple confirme la nécessité de repenser
la protection sociale pour la rendre plus équitable.

- Retour sur la question des 60 ans. La vie s’allonge,
on ne va pas le déplorer ! Nous donnons des raisons
socio-démographiques explicitant la faible crédibilité du
retour à 60 ans promis par la gauche pour 2012.

Ajoutons encore d’autres arguments, comme la nonrétroactivité
du droit social qui ne permettra pas de
rembourser le montant des pensions non versées aux
quelques centaines de milliers d’actifs ayant dû attendre
le seuil de 60,8 ans (âge légal fin 2012). L’enjeu est
autrement plus lourd que celui du remboursement des
trimestres de cotisations rachetés par les milliers de
cotisants tardifs. Quel sens donner au droit de partir
plus tôt pour des actifs encore en bonne santé en
contraignant la collectivité à payer deux années de
pension (même avec décote) en sus ? Si par hasard, le
dit retraité perçoit une succession familiale désormais
défiscalisée, l’absurde est à son comble. Une réforme
des retraites est aussi une réforme de société avec une
dimension culturelle. Selon le sociologue Jean Viard,
pas franchement réactionnaire si l’on en croit ses écrits
et propos, sur un total de 700000 heures que représente
notre vie, nous passons 63000 heures au travail (à
peine 10 % alors qu’en 1940 c’était 40 %) avec les
35 heures, mais 100000 devant la télévision !

Voir en ligne : http://www.espace-social.com/spip.p...

Sites favoris Tous les sites

29 sites référencés dans ce secteur

Brèves Toutes les brèves