L’élection des médecins libéraux a-t-elle encore un sens ?

vendredi 12 novembre 2010
popularité : 45%

Les médecins libéraux ont élu leurs représentants au sein
des URPS. La belle affaire ! Quand la population, les
élus, les pouvoirs publics attendent légitimement des
réponses aux questions essentielles d’accès aux soins sur le territoire,
de tarifs compréhensibles et correctement remboursés,
de soins de qualité pour tous, deux discours également entendus
ont battu le haut du pavé :
– un discours libéral rudimentaire largement majoritaire :
contrôle de la prescription par les médecins et liberté d’installation
avant tout. La charte de 1927 a encore de beaux jours
devant elle ;
– un discours populiste et unanime qui porte le message si
simple du « toujours plus de moyens ».

L’organisation des soins a été abordée à la
marge dans le cadre d’un message indigent :
donner aux patients tout ce qu’il demande, tout
de suite, en tout temps et en tout lieu grâce au
renflouement permanent (et mystérieux) des
caisses par l’État (ou par toute autre institution
en présence).

Au final, l’unanimité se fait autour du statut
quo ante et la majorité des médecins libéraux n’a
pas voté. Quant aux syndicats représentatifs de
médecins libéraux émiettés, ils ne peuvent dégager
entre eux de majorité.

Là se pose la question essentielle : les syndicats
de médecins libéraux sont-ils encore aujourd’hui les bons
interlocuteurs pour organiser les soins ambulatoires du pays ?
La campagne électorale vient de confirmer qu’ils ne veulent
pas organiser quoi que ce soit et ont tout intérêt à conserver
les choses en l’état actuel.

Il n’est pas en France d’autre profession qui bénéficie d’une
telle délégation de la part de l’État : les représentants des médecins
libéraux organisent les soins de la population en même
temps qu’ils gèrent leurs propres rémunérations.

Nouvelle contractualisation

La santé de nos concitoyens mérite mieux que les simulacres
de débat autour de l’unique question des moyens et de négociations
avec l’Assurance maladie qui permettent à la somme
des intérêts privés (au demeurant tous légitimes) de l’emporter
sur l’intérêt collectif.

Aujourd’hui, les syndicats sont essentiels à la défense de
leurs adhérents face aux éventuels abus. Mais, en dehors de
l’augmentation de la valeur de l’acte, aucun engagement des
syndicats médicaux représentatifs de médecins libéraux n’a
été ou ne sera suivi par les médecins libéraux. La santé de la
population est de la compétence des pouvoirs publics et des
élus. Si le Parlement se prononce chaque année sur les grandes
orientations de santé et leur financement, l’État doit garantir
les soins et, pour ce faire, ouvrir un nouveau champ de
contractualisation avec les acteurs prêts à des évolutions.

Les professionnels qui font vivre notre système de santé tant
bien que mal au quotidien, démontrent sur le terrain dévouement
et sens des responsabilités. Les pratiques évoluent, les
projets d’amélioration se multiplient un peu partout.

De même, des organisations des professions de santé ou de
spécialités médicales ainsi que des sociétés savantes portent
des propositions d’avenir.

Un programme ambitieux

Garantir les soins c’est apporter une réponse
aux patients sur tout le territoire et à toute
heure. Précisément, il faut garantir la qualité et
la sécurité des soins grâce à une coopération
des professionnels de santé renforcée, se fondant
sur des protocoles de pratique directement
issus de la loi HPST du 21 juillet 2009 et permettant
une transversalité des exercices entre la
ville et l’hôpital.

Il est indispensable d’organiser des équipes de
soins de ville traitantes en nombre suffisant pour
mailler le territoire sans chevauchements inutiles, dans le
respect des compétences et du savoir-faire de tous ses membres
(biologistes, infirmiers, kinésithérapeutes, médecins généralistes,
opticiens, orthophonistes, orthoptistes, pharmaciens,
psychologues, sage-femme, etc.).

Enfin, la question des tarifs reste entière : les rémunérations
forfaitaires doivent encourager le travail coordonné ainsi que
la meilleure prise en charge des malades chroniques.
De même, il convient de favoriser autant que possible le
maintien à domicile des personnes âgées en même temps que
la transversalité avec le secteur médico-social.

Pour la qualité, la sécurité et l’organisation des soins, un nouveau
cadre de contractualisation est à mettre en place avec les
acteurs essentiels que sont les équipes de soins traitantes volontaires
pour s’engager au côté des citoyens et des pouvoirs
publics.


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