Quel sens aux réformes ?

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- Nous disions fin septembre dernier que faire
financer la Cades, la dette sociale, par une
taxation prise sur les contrats responsables santé
(taxation qui relève déjà de l’absurde) était une
énormité. Depuis, les parlementaires de la majorité se
sont énervés face au report d’échéance de cette dette
sociale et ont changé les règles du jeu.

D’un bon
sentiment de départ (cesser de charger les générations
futures), on est allé de mal en pis ! Car cette taxation,
ainsi que celle des réserves de capitalisation des
compagnies d’assurance, soit 3,2 Mds€, iront
finalement financer la Cnaf et ses prestations familiales !
Laquelle, en “contrepartie” perdra 0,28% (un taux
admirable de précision) de sa CSG qui abreuvera la
reprise des déficits par la Cades des régimes vieillesse
de base. Du grand n’importe quoi !

Les allocations familiales ou la prestation d’accueil
au jeune enfant (la Paje) seront demain financées, en
partie certes, par le produit d’une taxe sanctionnant le
respect d’un panier de règles de remboursement des
frais médicaux par les organismes complémentaires
santé.

À l’absurde de principe, s’ajoute l’incertitude,
puisque ces recettes substitutives sont jugées incertaines
dans leur durée. Ce qui aboutit à organiser le déficit
récurrent de la Cnaf. Déjà on avait l’assurance maladie
mal en point depuis 1986, puis l’assurance vieillesse
depuis belle lurette, l’assurance chômage encore, et
enfin les prestations familiales… Pourvu que le Conseil
constitutionnel mette fin à ce foutoir juridique et moral.

- Repousser l’âge de départ en retraite ne peut avoir
de sens que si, en amont, État employeur et entreprises
changent leur méthode de gestion pour les fins de
carrières des salariés. On rappellera que si l’âge de
liquidation des pensions dans le privé est de 61,6 ans,
celui de la cessation d’activité réelle, donc de sortie du
marché du travail, est de 59 ans en moyenne. Accroître
l’écart entre les deux situations est une injustice sociale.

Là se niche un des enjeux de la réforme de retraite. Si
les comportements ne changent pas, tout cela ne servira
à rien. La balle est dans le camp des employeurs, État
et patronats. Il serait temps d’ailleurs que ce dernier se
réveille. Car les handicaps de la situation lui sont aussi
imputables. Si une culture discutable s’est installée en
France sur le nécessaire raccourcissement de la durée
des carrières, a contrario des gains d’espérance de vie,
cela tient aussi aux pratiques néfastes des entreprises.
Santé et meilleures conditions de travail, formation,
emploi, temps partiel organisé, retraites progressives,
tous ces éléments sont susceptibles de restaurer une fin
d’activité plus harmonieuse.

On aurait du commencer par là avant de réformer
les règles de la retraite.

Voir en ligne : http://www.espace-social.com/spip.p...

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