Les prestataires de soins à domicile

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Ese a rencontré Olivier Lebouche, président du Synalam (Syndicat national des prestataires de santé
à domicile) pour préciser la place du secteur commercial dans les réformes de santé en cours.

Nos métiers sont peu connus des autorités de santé,
alors que nous prenons en charge plus de 800000 patients
en France atteints d’insuffisance respiratoire,
d’apnée du sommeil, de cancers, de dénutrition, d’infections
graves, de diabète, de Parkinson, de maladies orphelines, de la
mucoviscidose, en situation de dépendance ou de handicap…

Nous mettons en place des traitements très divers : d’une ventilation
invasive, une oxygénothérapie et une perfusion de
morphine pour un patient en fin de vie à un fauteuil roulant
électrique sophistiqué pour un patient à sclérose en plaques.

Nous représentons une dépense de plus
d’1,5Mds€pour l’Assurance maladie.

Nos 15 000 collaborateurs, dont de nombreux
infirmiers et techniciens médico-techniques,
s’impliquent au quotidien dans la prise en
charge des malades à domicile. Cette non reconnaissance
devient un frein important pour le
développement de nos métiers.

Qui êtes-vous, quels métiers pratiquez-vous ?

Les PSAD “assurent au patient en situation de
dépendance, de handicap ou de maladie chronique la
mise à disposition de dispositifs médicaux et de services associés
nécessaires à la prise en charge médicale ou paramédicale à domicile”.
Notre métier est lié à la mise en place d’un dispositif
médical, se déroule au domicile des patients et est toujours ancré
dans la durée.

Notre première contribution est la coordination du retour à
domicile du patient. S’assurer de sa sortie, du lien avec l’infirmier
libéral si nécessaire. Nos infirmiers ne font pas de soins,
mais se focalisent sur l’éducation et la formation, en complémentarité
avec les infirmiers libéraux. Deuxième étape, la mise
en oeuvre du traitement, qui passe par la fourniture des dispositifs
médicaux, la formation du patient ou de son entourage
permettant son autonomie vis-à-vis de son traitement.
Nos équipes techniques et paramédicales assurent également
un suivi régulier du patient, d’une fois par semaine à une fois
tous les six mois en fonction des traitements. Nous vérifions
comment le patient suit et supporte son traitement. Nous
avons également une astreinte 24/24, 7/7 réalisée à la fois par
des techniciens et des infirmiers.

Enfin nous faisons un retour d’information très régulier au
médecin et contrôlons périodiquement l’observance qui conditionne
le remboursement par l’Assurance maladie pour
certains traitements.

Comment se passe l’articulation avec les autres intervenants traditionnels de la santé à domicile ?

Nous nous voyons vraiment en complémentarité avec les autres
acteurs qui interviennent à domicile. C’est rare, mais nous
pouvons avoir quelques fois des problèmes de définition de
frontière, des discussions avec l’HAD sur la perfusion, la chimiothérapie,
l’antibiothérapie, qui sont aussi pris en charge en
HAD par exemple. Comment le médecin fait
son choix ? Quelle solution la CNAMTS ou les
ARS doivent privilégier en terme médico-économique ? C’est un point important à clarifier.

Il
faut bien équilibrer ce qui est du rôle de l’HAD,
du rôle du PSAD, des Ssiad, des infirmiers libéraux,
pour que tous agissent vraiment en complémentarité,
au service des malades.

Quels sont vos axes de développement et d’innovation ?

La loi Borloo de 2005 sur le développement
des services à la personne a renforcé la démarche
de professionnalisation des PSAD. Nous devons mettre en
place des garants professionnels de santé qui vont désormais
être responsables du respect des bonnes pratiques professionnelles
à domicile.

Autre point, la démarche qualité ; de nombreux prestataires
sont déjà certifiés ISO, mais les syndicats professionnels des
PSAD, le Synalam et le Snadom, sont en train de construire
un référentiel qualité commun qui devrait être la première
pierre d’un processus d’accréditation de nos activités.

L’innovation ce sont les technologies nouvelles : la télémédecine,
la téléobservance qui nous permettent d’avoir plus d’échanges
avec le malade, d’anticiper des problèmes à domicile
et d’informer le médecin au plus vite. Nous pouvons aussi être
un acteur de mise en oeuvre à domicile de l’éducation thérapeutique
pour le compte des médecins.

En conclusion, les prestataires de santé à domicile peuvent
être une chance de plus pour les autorités de santé, dans le
cadre du développement de l’ambulatoire en France.

Voir en ligne : http://www.espace-social.com/spip.p...

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