Le train Médiator

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Difficile d’échapper ces temps derniers au débat sur
le Médiator. Nous essayons cette semaine de
cerner les dysfonctionnements décisionnels de
sécurité sanitaire. Mettons de côté les polémiques
politiques frisant parfois le populisme.

En filigrane, cela
renvoie aux relations entre industrie pharmaceutique et
classe politique qui concernent tout le monde sans
exception. Et qui trouvent leurs pareilles dans tous les
domaines, l’automobile, la pomme de terre ou le
tourisme. Évidemment, la culture des carottes est moins
risquée que la dispensation d’un médicament…

Dans
cette histoire, il n’y a pas plus de chevaliers blancs que
d’assassins patentés. Sauf preuve du contraire. Laissons
donc les corps de contrôle, les missions parlementaires
et la justice, désormais mobilisée, faire leur travail. Si
l’on veut faire preuve d’objectivité, constatons qu’en
dépit de nos talents, nous avons une certaine
propension à pratiquer une forte culture du
défaussement des responsabilités privées sur le collectif.

Le fameux effet système à la française. Ce truc bien de
chez nous qui fait que si cela ne marche pas, c’est de la
faute du système et pas de ceux qui l’entretiennent.
Effet système ainsi à la SNCF dans l’épisode pitoyable
du train Strasbourg-Port Bou. Effet système donc dans
le Médiator…

Pour remédier à cela, on cherche des
idées comme celles des experts dissidents, qui n’auraient
pas de rapport avec l’industrie pharmaceutique. Il y
aurait ainsi les experts propres, détenteurs de la vérité et
les experts vendus à l’industrie ! Et la vérité se situerait
entre les uns et les autres ? L’ennui est que ce besoin de
certitude dans le champ de la santé n’est pas toujours
possible. Prenons le cas du Prozac, prohibé désormais,
mais aussi reconnu dans une étude scientifique pour
favoriser la guérison d’un accident vasculaire cérébral !

Il y a des médicaments dangereux et inutiles, mais
d’autres dangereux et utiles. La médecine est aussi
invasive. C’est sa nature et sa force.

L’autre dimension de cette crise reste quand même la
course effrénée, cela se calme un peu depuis quelques
années, à la prescription pharmaceutique. Corollaire
d’une médecine de proximité payée à l’acte, isolée voire
retranchée sur ses ergots individualistes. Et qui se
mutile presque dans une pratique surannée du colloque
singulier avec le patient au travers de l’ordonnance
systématique. De cela, l’industrie pharmaceutique
française se meurt. Avec elle, toute une chaîne d’acteurs
professionnels qui n’entrevoient pas d’autres horizons
de santé pour la population.

De cela, nous sommes tous
responsables.

Voir en ligne : http://www.espace-social.com/spip.p...

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