Il se passe quelque chose...

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- Il se passe quelque chose de grave sur le médicament
en France. Avec, peut-être, une onde de choc chez
nos partenaires européens. Une sorte de “fin
d’époque” de facilité pour nos produits de santé, en tout
cas.

Peut-être dira-t-on qu’il y a eu un avant et un après
Mediator, tant l’histoire de ce médicament et de ses
effets ébranle la sphère pharmaceutique nationale.
Le médicament est habituellement perçu par l’opinion
et les patients comme un produit qui guérit, voire sauve
des vies humaines.

Bref, paré à juste titre de bien des
vertus, il est désormais craint aussi. Car il peut tuer.

La symbiose médecin-médicament-patient est ébranlée.
Les industriels espéraient, après des années d’effort,
d’explications, des initiatives grand public, avoir brisé
une forme de distance entre leur métier et l’opinion.

Il faut tout recommencer ou presque… La France a
évidemment besoin d’une forte industrie
pharmaceutique. Raison de plus pour qu’elle contribue
à cette remise en ordre. Quant à l’État et ses agences,
leur image se délite un peu plus et il faudra
du temps pour remonter la pente de la crédibilité.
La maladie est encore là. Les remèdes sont attendus.

Mais la convalescence sera longue…

- L’année dernière, la philosophe, Dominique
Schnapper écrivait un remarquable article dans
Le Monde intitulé “En qui peut-on avoir confiance ?”.
Prémonition en tout cas pour l’univers de la santé,
ébranlé par ses crises, ses errements, ses égoïsmes et ses
corporatismes. Droite et gauche n’ont, manifestement
pas pris la mesure des chocs en cours dans ce domaine.

Les uns comme les autres oscillent entre le décalage
face aux réalités, aux exigences des temps, et les visions
passéistes sur des enjeux sur lesquels les Français
doivent être éclairés et sensibilisés. En gros, la droite
défend le statu quo d’une certaine conception de la
médecine et du monde professionnel qui s’y rattache.

Chaque fois qu’un ministre tente de secouer les
torpeurs du milieu, il s’en attire les foudres et cède
finalement. À gauche, c’est l’autre versant de la pente
des corporatismes. Au final, le résultat est le même.

Avec de telles positions, que l’on retrouve sur d’autres
terrains de la vie publique, le rendez-vous de 2012 est
bien mal parti. Et ce qui, hélas, pour beaucoup n’est
plus une surprise, pourrait devenir de l’indifférence
électorale dans 15 mois.

Voir en ligne : http://www.espace-social.com/spip.p...

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