Des chiens assistent les personnes handicapées

samedi 12 février 2011
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Quel est le but d’Handi’chiens, comment est née cette association ?

L’idée en est venue il y a vingt ans, après avoir vu un
reportage d’Allain Bougrain-Dubourg, notre parrain,
sur une association américaine qui éduquait des chiens
pour des personnes à mobilité réduite. Nous avons pensé refaire
cela en France.

Plutôt que de redécouvrir toute la méthode,
deux personnes sont parties se former aux États-Unis
et sont revenues avec des chiens éduqués. C’est comme cela
que nous avons commencé. Les demandes étant importantes,
l’association a grandi.

Les premiers chiens étaient
éduqués dans le centre d’Alençon et celui de
Marcy l’Étoile, près de Lyon, puis un nouveau
centre a été créé en Bretagne, à Saint Brandan, et
un autre à Vineuil, près de Blois. L’association a
ainsi aujourd’hui quatre centres labellisés. Elle
emploie 28 salariés, est aidée par 350 bénévoles
et 250 familles d’accueil et a remis 1 200 chiens
depuis sa création.

Quels services rendent ces chiens d’assistance ?

Ce sont des chiens qui vont répondre à cinquante-deux
commandes et qui sont éduqués pour assister des personnes à
mobilité réduite. Pour certaines personnes, on peut faire des
adaptations très spécifiques, un chien a été éduqué pour utiliser
un variateur de lumière par exemple, un autre pour aider
quelqu’un à enlever son pantalon ou une manche. Il y en a qui
font des transactions aussi pour des personnes qui par exemple
ne peuvent pas atteindre un comptoir ; le chien peut tendre
un porte-monnaie, récupérer un paquet etc.

Tous les chiens n’ont pas forcément le profil de chien d’assistance.

On a eu des demandes de parents avec des enfants très
lourdement handicapés, souffrant de retard mental et moteur,
auprès desquels nos chiens jouent maintenant un rôle d’aide
primordial. Ils sont donc remis en tant que chiens d’éveil pour
des enfants polyhandicapés, atteints de troubles autistiques ou
de trisomie 21.

D’autres chiens, qui acceptent d’être moins
fixés sur un seul maître, deviennent des chiens d’accompagnement
social destinés à des maisons de retraite ou de rééducation,
ou des centres d’enfants où l’on ne peut pas imaginer un
chien par personne. Les chiens sont tous éduqués de la même
façon. Ce qui détermine le choix c’est le caractère du chien.

Comment rencontrez-vous les personnes pour qui vous préparez les chiens ?

On envoie un dossier à chaque bénéficiaire potentiel qui en
fait la demande. Un responsable de centre vient ensuite le rencontrer
pour s’assurer que ses conditions de vie sont propices à
l’accueil d’un chien, qui a besoin de soins et de sortir tous les
jours, que la personne n’habite pas, par exemple, au cinquième
étage avec un ascenseur en panne tous le temps. Après cette visite
une commission attribue ou non le chien et en donne les
raisons. A priori, on essaie plutôt de donner le plus de chiens
possibles.

Toutes les personnes sont conviées à un stage
de 15 jours obligatoire. Elles vont d’abord travailler
avec quelques chiens, selon le nombre de
chiens disponibles, pour voir avec lequel cela
marche le mieux.

Elles apprendront ensuite les
cinquante commandes et le langage que le chien
connaît, puis elles feront 3 choix de chiens. Une
réunion des éducateurs du centre attribuera l’un
des choix. Dès lors, on leur remet le chien choisi
qui ne les quittera plus. Ils vont suivre des cours
pratiques et théoriques, une semaine à l’intérieur,
une autre à l’extérieur, pour apprendre à rappeler leur chien, à
aller dans des magasins, au restaurant, sur la plage etc.. À la
fin des quinze jours, c’est la famille d’accueil qui a eu le chien
de 2 à 18 mois qui le remet au bénéficiaire.

Ces chiens sont-ils gratuits ? Dans quelle mesure arrivez-vous à répondre aux demandes ?

Ils sont gratuits – il n’y a pas beaucoup de personnes qui
pourraient mettre 13000 euros dans un chien. Nous fonctionnons
uniquement grâce aux dons, nous avons quelques mécènes,
des donateurs privés, quelques fondations d’entreprise.
Nous sommes donc dépendants de leur générosité pour continuer.
Nous avons remis, 120 labradors et golden retrievers en
2010, et espérons avec l’aide de tous, en remettre 130 en 2011.

Il peut y avoir de 6 mois à 1 an d’attente : 8 stages sont organisés
chaque année et il peut se trouver aussi que nous
n’ayons pas le chien prêt pour telle personne ou telle situation,
ce qui nécessite un travail sur mesure. Nous voulons être en situation
de proposer des chiens d’assistance d’exception. Tout
sera fait, grâce au suivi que nous assurons, pour que le couple
qui se formera avec le bénéficiaire dure toute une vie.


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