Retraites et charges sociales

vendredi 11 mars 2011
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- Dernière ligne droite ou presque dans la
négociation Arrco-Agirc. Le Medef vient d’abattre
ses cartes et annonce une sorte de “donnant donnant”.

D’un côté le patronat accepte le maintien
du rendement des actuels régimes complémentaires
(on ne baisse pas les droits futurs des pensionnés) et
de l’AGFF, la structure intermédiaire qui permet aux
retraités de liquider leurs droits avant 65 ans sans
pénalité. De l’autre, il exige que les règles des régimes
s’alignent sur la réforme Woerth (on ne voit pas
d’ailleurs comment les régimes feraient autrement…)
et rejette toute hausse de cotisations. Le tout donnant
lieu à une sorte de rendez-vous plus ou moins implicite
en 2018, date d’achèvement de la montée en charge
de la réforme gouvernementale de l’automne dernier.
Une sorte de statu quo en quelque sorte, financé en cas
de besoin par une ponction sur les réserves des
régimes. À suivre !
- La période est cruciale. Et le rapport de la Cour
des comptes sur les prélèvements sociaux et fiscaux en
France et en Allemagne en témoigne. Que retenir de
cette comparaison ? L’Allemagne prélève moins que la
France. Sa réglementation est plus simple, plus adaptée
à la bataille économique mondiale. L’Allemagne est
plus inégalitaire, mais nettement plus disciplinée en
matière de dépenses publiques et sociales et de
réduction des déficits. On le clame partout : elle dispose
d’une industrie puissante, poussée par une forte
capacité d’innovation, appuyée sur un tissu de PME
sans égal et, reconnaissons-le, sur une forme plus
affirmée que la nôtre de patriotisme économique.

Là se niche une dimension citoyenne que la France n’a
plus. Au final, au moment où les Allemands fabriquent
et vendent des automobiles et des biens d’équipement à
tour de bras dans le monde entier, la France centre son
intérêt national sur l’Islam, la laïcité et la rupture avec
le capitalisme ! Chacun son truc après tout. La France
ne reconstruira pas une industrie avec l’actuel niveau
de ses charges sociales. On peut sans être adhérent au
Medef dire cela ! D’autant que la question des hausses
de salaires n’est pas infondée et que la bataille des
PME (la France en manque cruellement) dépendra
aussi largement du facteur coûts de production. Et
encore, la création de nombreux emplois de service
dépend aussi du coût du travail. Autrement dit, on ne
pourra pas transférer les allégements de charges des
uns sur l’accroissement des coûts assumés par les
autres… Un sacré défi en vue !


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