L’Anses est en ordre de marche

, popularité : 65%

L’Afssa (sécurité sanitaire alimentaire) et l’Afsset (sécurité sanitaire environnementale et au travail) ont
fusionné en juillet 2010 pour former l’Anses. Marc Mortureux, directeur général de la nouvelle entité en
précise les contours et les missions.

Où en est l’organisation de l’Anses, après la fusion Afsset et Afssa ? L’Anses est en ordre de marche.

Nous avons créé, avec la
volonté de fédérer les moyens et les compétences, deux
nouvelles directions d’évaluation des risques : l’une
pour les compétences liées aux substances chimiques, l’autre
pour l’évaluation des risques liés à l’ensemble des sujets qui
touchent à la santé animale, à l’alimentation, à l’environnement
et au travail.

Nous avons mis en place notre conseil d’administration – qui
réunit toutes les parties prenantes selon le principe
des collèges du Grenelle de l’environnement –,
notre conseil scientifique, des comités d’orientation
thématiques, et un comité de déontologie et
de prévention des conflits d’intérêts.

Comment abordez-vous l’étendue des missions de l’Anses ?

De façon assez simple : l’Anses est l’agence qui
vise à prévenir les risques de la vie quotidienne
liés au travail, à l’alimentation ou à l’environnement.
La valeur ajoutée de la fusion est que, pour
une source de danger donnée, on peut évaluer le risque global
d’exposition pour la personne, en tenant compte de l’ensemble
des expositions auxquelles elle est soumise. On a donc une
plus grande efficacité, une plus grande lisibilité aussi.

Quelles sont vos priorités pour 2011 ?

J’ai cité l’impact des produits phytosanitaires sur les travailleurs
agricoles. L’agence réalise aussi une étude sur les utilisations
des produits chimiques potentiellement perturbateurs
endocriniens pour estimer les expositions de l’homme. Nous
aurons des points d’étapes, comme sur le Bisphénol A, qui est
un objet de coopérations internationales. On soupçonne là des
effets à très basse dose qui demandent de nouvelles méthodologies
d’évaluation.

Je citerai également une étude sur l’exposition aux contaminants
sous forme de résidus dans l’alimentation. On a recherché
la présence de près de 300 contaminants potentiels
pour plus de 20 000 produits alimentaires, et fait une base de
données qui, croisée avec les données de consommation des
Français, permet de déterminer précisément l’exposition à
chacun de ces contaminants. L’objectif est de vérifier s’il y
a des risques de dépassement des valeurs toxicologiques de
référence.

Il y a peut-être aussi l’addition de toutes…

En effet, on mène aussi des recherches sur les effets combinés
des différents types de résidus. On aura les premiers résultats
en 2012. Pour 2011, nous évaluons encore les risques d’émergence
d’antibiorésistance. On utilise en milieu vétérinaire
de plus en plus d’antibiotiques utilisés également en médecine
humaine. Il y a lieu de se mobiliser dans les deux domaines
pour un usage aussi strictement raisonné que possible, et nous
allons travailler sur les différents types d’usages pour les animaux
destinés à la chaîne alimentaire ou même de compagnie.

L’impact sur la santé des applications qui induisent
des radiofréquences est aussi une priorité.

Nous allons mettre en place un groupe d’expertise
permanent qui suivra, en temps réel, l’actualité
de cette thématique.

Comment abordez-vous la question de l’alerte ?

C’est notre fonction d’être constamment en
alerte. L’Anses a de bons fondements, notamment
avec la séparation entre l’évaluation et la gestion
des risques. Elle est une instance scientifique, indépendante,
qui fournit, en particulier aux pouvoirs publics, les
éléments permettant de prendre les décisions de gestion pour
protéger les citoyens.

Si chacun joue son rôle en pleine responsabilité,
c’est un élément de réponse intéressant.

Ensuite, on a des instances de gouvernance extrêmement ouvertes
à l’ensemble des parties prenantes. Notre conseil d’administration
comprend aussi bien les organisations syndicales, les
associations, ONG, associations de victimes d’accidents du travail,
les organisations professionnelles, que les pouvoirs publics.
On recrute enfin, dans nos comités d’experts, les
meilleurs scientifiques dans des logiques d’expertises collectives
et contradictoires, avec des processus extrêmement structurés.

Vos relations avec Bruxelles ?

Beaucoup de nos sujets font l’objet, in fine, de réglementations
européennes. Nous travaillons étroitement avec plusieurs
agences européennes. Une des valeurs ajoutées de l’Anses est
sa proximité des réalités de terrain avec les bases de données
qu’elle constitue. On a beaucoup de mandats de référence européens,
comme celui sur le phénomène de mortalité des
abeilles. On peut apporter à l’Europe cette faculté de croiser
données scientifiques et données de terrain.

Voir en ligne : http://www.espace-social.com/spip.p...

Sites favoris Tous les sites

29 sites référencés dans ce secteur

Brèves Toutes les brèves