Nous sommes libres ensembles

lundi 18 avril 2011
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Alain Olive, secrétaire général de l’Unsa, vient de passer la main à Luc Bérille.
Aperçu d’un parcours syndical bien rempli, et quelques confidences.

Combien d’années de syndicalisme, combien à la tête de l’Unsa ?

J’ai adhéré à la Fen (Fédération de l’Éducation nationale)
en 1974. En 1988, je suis devenu secrétaire national en
charge du pôle juridique. Puis j’ai connu la scission de
1992, enfin la création de l’Unsa en 1993, où j’ai rapidement
succédé à Martine Legal comme secrétaire général en 1994.

17 années donc de mandat national à la tête de l’Unsa.

Pourquoi quitter maintenant cette responsabilité, alors que les présidentielles ont lieu en 2012 ? En 2011, il y a les élections dans la fonction publique.

La succession de Luc Bérille a soigneusement
été préparée depuis 2 ans. Il était sur une
trajectoire. À un moment donné, il faut savoir
passer le relais. Et puis, pourquoi nier un peu de
lassitude aussi. Son arrivée constitue une nouvelle
donne possible. La vanité du pouvoir m’est
totalement étrangère. Je pars donc tranquillement
et sereinement.

Quel est l’état de l’Unsa début 2011 ?

Élève en vrais progrès ! Nous sommes en période de grande
unité interne. Ce qui n’est pas courant dans le champ politique
et social. Nous créons des syndicats partout, notamment
dans le secteur privé. Nous progressons aux élections professionnelles
comme à la RATP, la SNCF, chez Disney, Oséo et
emportons d’importants succès comme dans les ARS.

Avantages et inconvénients de l’Unsa aujourd’hui ?

De nos faiblesses institutionnelles, nous avons su faire un
atout : un effet de nouveauté, une souplesse de fonctionnement,
une forte exigence démocratique, la relation de proximité,
je dirais même une certaine fraîcheur dans un paysage
un peu usé.

Vous devez convaincre un salarié d’adhérer à l’Unsa, vous lui dites quoi ?

La question piège ! Je développe ce que je viens de répondre
à la question précédente. Allons plus loin. La particularité de
l’Unsa, c’est d’être fidèle à des valeurs et des principes tout en
privilégiant la liberté d’action des syndicats. Dans l’action au
quotidien, nous n’imposons rien d’en haut. Ce qui ne nous
interdit pas de prendre position sur les grands sujets comme
l’emploi, la protection sociale, les services publics, etc. Nous
sommes « libres ensemble » !

Ce qui vous a le plus marqué durant votre mandat, En bien et moins bien ?

Le bien, je le situe dans ce travail de terrain pour retrouver
les salariés, les personnes en leur expliquant le sens de l’adhésion.
Cela s’appelle l’action collective. Cela peut paraître banal
mais ce retour au terrain est essentiel, fondamental même.

Dans l’Unsa, il y a un côté bâtisseur de quelque chose de nouveau
et cela, c’est formidable.

Le moins bien, c’est la pusillanimité
de nombreux acteurs institutionnels de notre pays. Celle
de certains responsables à s’engager, à prendre des risques et à
défricher de nouveaux territoires.

Division et faiblesse du syndicalisme français, un sujet rabâché mais surtout une pathologie chronique, incurable ou l’espoir d’une guérison un jour ?

Le dernier terme de votre question me convient.
C’est une pathologie chronique, une ALD comme
on dit dans la sécu, mais guérissable. Durant les
premiers temps de la crise, nous avons mis en
place des outils concrets pour montrer aux salariés
que les syndicats pouvaient aussi peser sur
les situations collectives et individuelles en matière d’emploi.

L’année 2013 verra le nouveau paysage syndical changé selon les règles de représentativité issue de la loi d’août 2008. Vous en attendez quoi ?

Difficile à prévoir, mais on peut formuler un espoir : que le
syndicalisme réformiste que nous incarnons avec d’autres,
sorte renforcé des bouleversements à venir.

Nicolas Sarkozy et l’Unsa ?

Un personnage étonnant. Des relations conflictuelles et des
divergences de fond bien sûr. Mais un vrai courage en nous
recevant et en considérant politiquement l’Unsa comme une
organisation représentative à part entière.

La gauche et l’Unsa ?

L’espoir de changements et une véritable pratique du dialogue.
La gauche doit aussi se rappeler qu’à côté de la démocratie
politique, il existe une démocratie sociale.

La retraite d’Alain Olive, c’est où, c’est quoi ?

Ce sera du côté de Perpignan, ma terre natale. Du repos bien
sûr, mais aussi de la culture, des amis et un intérêt qui ne se
démentira jamais pour le social, une grande curiosité pour les
frontières… nous en avons trop !


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