Politique et protection sociale

, popularité : 97%

- Paraphrasant la fameuse expression de Jean Jaurès
nous projetons cette semaine qu’un peu de
sociologie politique et électorale éloigne de la
protection sociale et, qu’inversement beaucoup y
ramène.

Ce propos vise les enseignements possibles du
récent sondage Ifop-Paris Match sur les intentions de
vote des ouvriers au premier tour de l’élection
présidentielle de 2012. 36 % pour Marine Le Pen, 17%
pour Dominique Strauss-Kahn, 15% pour Nicolas
Sarkozy et quelques miettes pour la gauche radicale,
entre 1 et 2%. Des chiffres chocs, inédits chez nous et
ailleurs bien entendu…

Quels enseignements en fait pour la protection sociale ?
Trois au moins. D’abord, la question plus que
symbolique de qui est le mieux placé pour exprimer les
attentes des ouvriers et des populations défavorisées en
matière sociale semble singulièrement tranchée. L’offre
politique française étant une des plus étendues qui
soient en Europe, on ne peut que constater que les voix
traditionnellement les plus tonitruantes, appelant à la
radicalité à gauche, ne sont pas vraiment
représentatives. Si la politique est aussi la science des
faits, ceux-ci perturbent alors considérablement la
donne à gauche. Nombre de progrès sociaux, la
construction même de la sécurité sociale se sont opérés
souvent en référence au rôle essentiel de la classe
ouvrière, en France comme à l’international.

Seconde réflexion, la profonde méconnaissance des
Français sur le coût réel, et non fantasmé, de la
protection sociale au profit des travailleurs immigrés.
Un débat toujours délicat mais qu’il faut d’autant plus
assumer qu’en réalité ce soi-disant surcoût est quasi
insignifiant.

Dernier enseignement enfin, puisque les questions
du pouvoir d’achat et de la précarité sont clairement
posées, et bien qu’il soit réducteur de confondre
systématiquement classe ouvrière et précarité, il faudra
bien un jour opérer un courageux travail de réflexion
sur les carences du système social français en matière de
justice sociale et fiscale. À partir du moment où la fuite
en avant des dépenses publiques et sociales n’est plus
possible, on ne pourra se satisfaire seulement d’un coup
de rabot fiscal sur les plus riches pour régler le
problème.

Au final, voilà une donnée politique et sociale qui
bouscule sérieusement les pensées traditionnelles de la
gauche et du mouvement syndical. Ce sondage offre
cependant une image plutôt ternie et inquiétante de
notre pays.

Voir en ligne : http://www.espace-social.com/spip.p...

Sites favoris Tous les sites

29 sites référencés dans ce secteur

Brèves Toutes les brèves