Questions d’honoraires

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Les médias, peut-être les politiques feignent de
découvrir l’étendue du problème du secteur à
honoraires libres. Voilà 20 ans et plus pourtant
que nous en dénonçons les dangers.

Notre belle
médecine n’est plus seulement à deux, mais à quatre ou
cinq vitesses. Autant en fait qu’il y a de situations
géographiques particulières, de spécialités médicales et,
bien entendu, de médecins ayant des tarifs différents.
Désormais, la situation est ingérable puisque ses
fondements relèvent du libre choix du professionnel de
santé et non d’un cadre collectif régulé. Les laudateurs
du secteur 2, en 1980, espéraient un mécanisme de
marché permettant une concurrence par les prix.

Espoirs dépassés même puisqu’on assiste à un foutoir
sanitaire sans précédent. Comme d’habitude, aucun
autre pays ne nous copie…

Hausse continue des tarifs et du nombre de praticiens
en secteur 2, avec 41% des spécialistes (30% en 2000)
et 11% des généralistes (16% en 2000). Nombre de
grandes spécialités (chirurgie, gynécologie, anesthésie,
ORL, ophtalmologie) ont majoritairement basculé hors
du champ de la sécurité sociale. Pis, le nombre de
praticiens inscrits en secteur 2 croît mécaniquement
(58% des nouveaux entrants) eu égard aux règles
d’installation directe.

Le second groupe, celui des
généralistes, régresse non moins mécaniquement pour
des raisons asymétriques. La chute finale est connue.
D’ici 20 ans, on peut prédire sans trop se tromper qu’il
n’y aura plus un seul médecin généraliste en secteur 2,
mais qu’une partie non négligeable d’entre eux
pratiquera des modes d’exercices particuliers avec des
actes non remboursés par l’assurance maladie.

A contrario, 60% ou plus des spécialistes seront en
secteur à honoraires libres…

Dans ces conditions, on est fondé à s’interroger sur
le sens même de la politique conventionnelle caissesmédecins.

Qui n’a pas voulu, su ou pu enrayer une
telle déstructuration. La conception de la médecine
de ville française porte en elle les germes de cette
régression sociale et médicale. On peut tenter un
rapiéçage avec le secteur optionnel. Mais il faudrait en
fait changer de paradigmes pour amorcer un nouveau
système. Sur la nature du contrat collectivité-médecins,
il existe une flopée de rapports intelligents qui restent
lettre morte.

Nous craignons qu’une énième fois,
l’émotion du moment passée, ce débat ne débouche
sur rien. Sauf si, à défaut des organisations sociales,
le politique se saisissait du sujet l’année prochaine.
La Mutualité étant seule aujourd’hui à ruer un peu
dans les brancards.

Voir en ligne : http://www.espace-social.com/spip.p...

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