L’assurance maladie ne doit pas nous mettre en retard

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Quelles sont les activités d’Orange Healthcare ?

Nous avons trois grands domaines d’activité : la mise
en relation des différents professionnels de santé.

Nous développons par exemple avec General Electric,
le projet “région sans film” en Île-de-France ; un système de
numérisation, de dématérialisation et de stockage de l’imagerie
médicale. À terme une trentaine d’hôpitaux y seront
connectés. Nous proposons également, avec nos partenaires
(Alcatel, etc.), l’offre Connected hospital ; une plateforme de
connexion multimédia pour l’hôpital, concrétisée par un terminal
au pied du lit du patient qui offre l’accès à Internet, au
téléphone, à des vidéos, et permet à l’équipe médicale, si le
dossier patient électronique est disponible à l’intérieur de l’hôpital,
d’accéder à l’ensemble des informations
concernant le patient. Plus de 1 000 lits sont
connectés. Nous allons déployer ce service pour
l’hôpital de Metz, ainsi qu’en Espagne et en
Pologne.

Nous avons aussi mis en place, avec Tribun, un
service pour l’anatomopathologie, qui permet à
des médecins éloignés de travailler ensemble sur
des images de grande qualité. En outre, l’une de
nos filiales, Almérys est leader en France du tiers
payant médical.

Et en ce qui concerne les relations patients - professionnels ?

Il s’agira surtout de télésurveillance de maladie chronique.
Nous avons mis au point avec la société Sorin, qui fait des défibrillateurs
et des pacemakers implantés, un petit boîtier qui,
au domicile de la personne, va récupérer chaque jour l’information
de son implant et l’envoyer au médecin traitant. Cela
permet de récupérer beaucoup plus d’information qu’avec les
visites à l’hôpital qui, du coup, ne sont plus nécessaires.

Ce
service sera déployé au cours de l’année 2011 aux États-Unis
et en Europe. Nous travaillons également pour des patients
qui souffrent d’insuffisance rénale. Nous avons mis au point
une tablette multimédia avec des indicateurs qui permettent de
surveiller à son domicile l’état de santé du patient, de lui donner
des conseils de nutrition, de récupérer ses paramètres biologiques
et donc de le suivre assez finement.

Dans le domaine de la prévention et du bien-être, nous
avons lancé pour les séniors le terminal Doro ; un téléphone
mobile très simple, avec peu de fonctionnalités et, au dos, un
bouton qui permet d’appeler une plateforme d’assistance dont
le numéro est préenregistré.

N’y a-t-il pas un “retard” de la France en matière d’e-santé ?

Tous les pays sont confrontés aux mêmes difficultés. Aucun
n’est exemplaire. Si je reprends ma classification en trois domaines,
nous sommes leader dans le monde avec “région sans
film”. Il n’y a pas non plus de pays où le DMP existe. Je pense
donc que l’on pourrait accélérer, mais nous n’avons pas de retard
flagrant, sinon pour l’informatisation des hôpitaux. Pour
tout ce qui est connexion multimédia, tablette aux pieds du
patient, nous sommes dans la moyenne.

De quels types sont les difficultés ?

Les difficultés tiennent principalement à des
questions de gestion et d’organisation du changement.
La santé est un domaine compliqué. Il
faut travailler avec les professionnels, regarder
comment les technologies impactent leurs métiers
et les aider à prendre les virages utiles. Dans
le domaine du télésuivi des patients, l’obstacle
législatif est levé, mais celui du financement,
du remboursement de ces actes, reste massif.

Aujourd’hui l’assurance maladie n’a pas encore
pris d’initiatives dans ce domaine. Or, si elle ne se met pas en
marche nous serons en retard. La loi sur l’hébergement des
données de santé en France nous donne par contre plutôt de
l’avance. Orange est le seul opérateur de télécom agréé. Je
pense qu’il était nécessaire d’avoir des normes d’agrément
pour la confidentialité, la sécurité des données.

Quels développements projetez-vous ?

L’un de nos axes fort sera donc l’hébergement des données de
santé, en France et à l’étranger. Nous allons aussi travailler plus
avec les fabricants de matériels médicaux et d’implants communiquant,
plutôt dans le domaine des maladies respiratoires en ce
moment. Nous nous déployons aussi dans divers pays ;
Angleterre ; Espagne, récemment en Afrique subsaharienne où
nous avons développé un service pour détecter la contrefaçon
de médicament : un code sur les boîtes permet, en interrogeant
un serveur SMS de savoir si le médicament est bon.

Voir en ligne : http://www.espace-social.com/spip.p...

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