Balance et dépendance

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- François Fillon confirme ce que l’on pressentait
depuis plusieurs semaines : l’abandon de la piste
de l’assurance complémentaire obligatoire pour la
prise en charge de la dépendance des personnes âgées.
Le Premier ministre profite au passage du débat en
cours pour affirmer le principe d’un socle de solidarité
nationale pour tous, quitte à le compléter par d’autres
dispositifs. Une approche de bon sens.

Les chiffres de
l’assurance complémentaire dissuadaient du projet
défendu par certains assureurs. Qui pouvait penser un
instant faire reposer entièrement la mise à niveau de
l’effort social du pays pour la dépendance sur
l’assurance complémentaire ?

Si l’on excepte la montée
en puissance des contrats mutualistes couplés aux
couvertures santé, le marché de l’assurance ne
concerne actuellement que 3% de la population
totale… Et à peine 35 000 rentes sont servies
aujourd’hui, sans oublier les conditions parfois
anarchiques de leur gestion ! Il convient de remarquer
l’étrange conception des choses que serait l’obligation
d’un contrat dépendance complémentaire pour tous les
Français. Une sorte d’objet juridique non identifié à
tout le moins. La raison prend le dessus. Il était temps.

- Coïncidence, le quasi-effondrement de la balance
commerciale française en avril dernier est allé de pair
avec la publication d’un rapport commun des
partenaires sociaux sur les reculs de la compétitivité de
l’économie française. Certes, toutes les organisations
syndicales n’ont pas signé le texte final concocté après
un an d’échanges de vues et d’expertises. Mais les
acteurs de la vie économique et sociale ont pointé la
nécessité de repenser l’assiette du financement de la
protection sociale, de rééquilibrer les arbitrages entre
le soutien au travail peu qualifié et au travail qualifié,
soulignant ainsi qu’il faut redistribuer les allégements
de charges sociales.

Chacun fait un pas vers l’autre.
Le patronat admet qu’une meilleure organisation du
travail et un management recentré sur la cohésion
sociale sont nécessaires pour limiter les risques
psychosociaux dans l’entreprise. Côté syndicats,
l’aggiornamento porte, entre autres, sur l’exigence d’une
meilleure articulation entre la formation des salariés et
les besoins réels des entreprises.
Bref, un texte de qualité dont le principe compte
autant que son contenu. Mais pour concrétiser toutes
ces belles recommandations, les choses se
compliqueront forcément.

Voir en ligne : http://www.espace-social.com/spip.p...

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