Votons rapidement la réforme de la santé au travail

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Ce n’est pas la première mission sur les risques
psychososiaux en entreprise, mais Guy Lefrand,
député UMP de l’Eure, semble confiant dans les
suites qui seront données à celle dont il vient
d’être le rapporteur. Explications.

Pourquoi un nouveau rapport sur les risques psychosociaux ?

D’après une enquête Ipsos, 62 % des salariés disent aujourd’hui
que le travail les stresse et 30 % qu’il y a un
risque important de maladies liées à ce stress. D’autre
part, plus de 20 % des arrêts maladie de plus de quarante-cinq
jours seraient liés à des risques psychosociaux.

C’est donc aujourd’hui une question particulièrement
prégnante, l’autre sujet majeur étant les
troubles musculo-squelettiques.

Quelles sources des tress identifiezvous principalement ?

L’organisation du travail est manifestement un
facteur majeur, avec des modifications fréquentes
des postes de travail, des interrogations sur les
objectifs à fournir, les organisations type open
space, les 35h. Tous ces modèles ont fait que l’on
va au travail avec des besoins de productivité énormes qui
créent des difficultés pour les salariés. On l’a vu chez Orange ;
des gens qui n’y étaient pas du tout préparés se sont retrouvés
du jour au lendemain à faire du phoning commercial, avec des
stress énormes.

L’autre point majeur est l’absence totale de formation du
management. Ni le haut ni le middle management ne sont formés
à l’écoute, à la réactivité sur ce genre de sujets. On sent aujourd’hui
une prise de conscience des salariés et de l’entreprise,
mais manifestement les réponses sont totalement insuffisantes.

Quelles sont vos préconisations ?

En premier lieu, il faut voter rapidement la proposition sur la
réforme de la santé au travail, qui fait quasiment l’unanimité
autour de la nécessité de revoir complètement son organisation
avec la création d’équipes pluridisciplinaires. Celles-ci permettront
qu’interviennent enfin légalement des psychologues,
des ergonomes, etc. La deuxième chose concerne les CHSCT
qui ont un rôle majeur à jouer. Nous avons fait des propositions
pour y faire des élections au suffrage direct et peut-être
élire les gens pour plus longtemps.

J’avais proposé également
d’inclure les risques psychosociaux dans le document unique
d’évaluation des risques professionnels, de manière à avoir une
prise en compte globale et obligatoire. Il faudra vraiment améliorer
la reconnaissance de ces troubles ; avec des médecins du
travail mieux formés, des psychologues. Il est important qu’il
y ait une réflexion et une évaluation sur leur reconnaissance,
comme maladie professionnelle ou d’une autre manière, parce
qu’aujourd’hui il faut systématiquement passer par la justice.

Et en ce qui concerne la prévention ?

C’est le dossier majeur. On est beaucoup sur de l’incitatif,
sur des propositions de labellisation des écoles de
commerce et d’ingénieurs, de manière à ce que la
santé au travail soit incluse dans les formations
des futurs dirigeants ou intervenants. Il faut définir
avec l’Anact, qui devrait jouer un rôle plus important
au niveau de l’organisation des écoles, les
conditions de travail les plus adéquates.

Mais cela passe aussi par la réforme de la santé
au travail, qui va permettre de nouveau aux services
de santé au travail d’accéder au terrain ; qui
permettra aussi une contractualisation entre le
CRPRP, au niveau régional, les services de santé
au travail et les entreprises. Il va y avoir des contrats obligatoires
mis en place. On sait que l’on peut par exemple améliorer
les open-spaces avec de l’ergonomie, des claustras, etc., et cela
fait partie des choses sur lesquelles il peut y avoir obligation.

S’il y a un refus de l’entreprise le service pourra alerté l’inspection
du travail. C’est ainsi que l’on pourra avoir des incitations
fortes.

Il faut faire en sorte que le stress soit limité sur le lieu de travail
et en améliorer la détection auprès des salariés. La réforme
de la santé au travail, et une prise en compte dans le cadre
de la formation, vont nous permettre d’améliorer les
choses.

Comment les labels seront-ils mis en oeuvre ?

Le président Méhaignerie a demandé qu’il y ait une évaluation
de ce rapport, comme avait été évalué celui sur l’amiante,
en interrogeant le gouvernement sur les préconisations et leur
mise en oeuvre. Beaucoup de décisions réglementaires avaient
ainsi été prises dans le cas de l’amiante.

Voir en ligne : http://www.espace-social.com/spip.p...

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